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L’Algérie profonde / Est

Secteur de la santé à Bordj Bou-Arréridj

Plusieurs dossiers à traiter en urgence

La santé à Bordj Bou-Arréridj n’est pas en reste du mal qui ronge le secteur au niveau national. © D.R.

Du pain sur la planche pour le nouveau directeur de la santé et de la population qui vient d’être nommé à ce poste.

Le nouveau DSP n’est pas étranger à la wilaya. Il avait occupé auparavant le poste de directeur de l’hôpital Bouzidi-Lakhdar de la ville de Bordj Bou-Arréridj. Mais plusieurs dossiers l’attendent et n’attendent plus. Des années de gestion des programmes de réforme du secteur de la santé parsemées de contraintes confirment, si besoin est, le constat navrant que dressent plusieurs observateurs et que le nouveau directeur peut relever dans les prochains mois.
Ces manquements traduisent le manque de sérieux et le laisser-aller. Parmi les dossiers mis en avant, celui des médecins spécialistes dans les établissements publics hospitaliers. La situation perdure depuis de longues années, sans que les autorités concernées daignent prendre en charge cette insuffisance. Des services existent, mais qui ne sont pas encore opérationnels ou sont sous-exploités, faute de médecins spécialistes, notamment en radiologie, en gynéco-obstétrique et en oncologie. Pour pouvoir recruter autant de médecins, la question est du ressort du ministère de tutelle qui les affecte à la direction de la santé et de la population (DSP), laquelle assure à son tour leur répartition selon les besoins de chaque établissement. La maternité, un autre point noir de la santé à Bordj Bou-Arréridj. Plusieurs témoignages affirment que le transfert des parturientes n’est pas souvent assuré par l’établissement. Ce qui rend les choses de plus en plus difficiles pour les personnes qui n’ont pas les moyens d’assurer le transport ou les frais d’hospitalisation dans des cliniques privées. Les cas de femmes qui ont accouché en cours de route au moment de leur transfert sont nombreux.
Pourtant, une fois la parturiente admise à l’hôpital, son transfert est pris en charge par l’établissement.
L’on révèle aussi que plusieurs cas de femmes enceintes, se trouvant sur le point d’accoucher, sont transférés vers des cliniques privées implantées au chef-lieu de wilaya. Les services de radiologie des EPH souffrent aussi de l’absence de spécialistes à même de faire fonctionner ces appareils. Un nouveau scanner, mis en service dernièrement, est à l’arrêt, faute de médecins radiologues, apprend-on.
D’autres services de radiologie dans plusieurs polycliniques dans la wilaya attendent d’être exploités. Il arrive souvent, selon des citoyens, que l’EPH fasse appel à des radiologues exerçant dans le secteur privé pour l’interprétation des clichés. Face à ce manque, les citoyens en paient le prix fort. Pour faire un scanner chez le privé, le malade doit débourser entre 8000 et 15 000 DA. Ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. Le service d’oncologie, avec les 3600 malades atteints de différents cancers dans la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, est impuissant et n’arrive pas à assurer à 100%, malgré les efforts du médecin spécialiste et de tout le personnel. Dans les services des urgences, il règne une anarchie indescriptible. Il arrive souvent que des malades ou leurs parents en viennent aux mains avec le personnel de ces services.
Cet état de fait suscite la colère des citoyens, qui ne cessent pas de se plaindre et de dénoncer le dysfonctionnement des services dans les hôpitaux et les autres structures. “L’accueil des malades et de leurs parents manque de toute humanité”, dira un proche d’un malade. “Nous sommes dans un pays musulman et nos malades meurent seuls dans les salles des hôpitaux sans assistance familiale”, dira un autre parent. “Ailleurs, on laisse les proches au moins dire au revoir à leur malade. Chez nous, on le voit à la sortie, soit vivant ou bien décédé”, ajoute-t-il. “Il faut qu’il y ait des agents d’accueil et non des agents de sécurité”, propose-t-il. Un autre dossier très important est celui des infrastructures qui manquent de matériel ou qui tardent dans sa mise en service, tel que l’hôpital d’orthopédie et de traumatologie de Bordj Bou-Arréridj, d’une capacité de 120 lits pour une enveloppe financière de près de 40 milliards de dinars, à la traîne depuis 2005. Le citoyen attend son ouverture avec impatience et on apprend qu’il est converti en établissement pour les urgences médico-chirurgicales. Les Bordjiennes attendent du nouveau DSP des actions nettes, précises et surtout une purge chirurgicale.


Chabane BOUARISSA

 


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