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L’Algérie profonde / Est

Alors qu’elle recèle d’inestimables richesses

Souk Ahras manque cruellement d’investisseurs

Faute d’investisseurs, les 132 millions de litres de lait collectés annuellement ne peuvent être transformés. ©D. R.

Cette situation désolante a, certes, été relevée par les pouvoirs publics, sans pouvoir pour autant y remédier, faute d’une implication significative des investisseurs.

Région des mieux nanties du pays en matière de ressources naturelles, notamment en vestiges historiques qui pourraient en faire une destination culturelle et touristique privilégiée, outre ses potentialités agropastorales, la wilaya de Souk Ahras n’arrive pas à sortir du sous-développement chronique dans lequel elle végète, au désespoir de ses habitants. Il n’y a, en effet, pas de quoi satisfaire les populations des 26 communes en matière de création de richesses et d’emploi, surtout depuis la fermeture en cascade des rares unités économiques publiques vers la fin des années 90. Fermeture qui a concerné, mis à part les collectivités locales, deux grandes usines, à savoir la papeterie de l’ex-Sonic et l’unité de textiles Elatex, provoquant un déficit de postes d’emploi que rien n’est venu combler ensuite. Cette situation désolante a certes été relevée par les pouvoirs publics depuis des années, sans pouvoir y remédier, faute d’une implication significative des investisseurs éventuels. Il y a eu aussi des tentatives de relance des secteurs agricole et industriel dans le cadre de différents programmes de développement local, qui n’ont malheureusement jamais été menés à leur terme. Le constat est là, implacable : la wilaya de Souk Ahras n’a pas pris son destin en main, comme l’affirment de nombreux observateurs. Le retard pris risque d’avoir des conséquences préjudiciables pour les jeunes générations surtout. Citant la direction du Gapel (Groupe d’appui aux éleveurs laitiers), nos sources indiquent que la production quotidienne du lait de vache dans la wilaya de Souk Ahras a connu une hausse sensible, passant de 9,92 l par vache et par jour en 2012 à 18 l en octobre 2017, et ce, pour un cheptel de 2142 têtes appartenant aux 100 éleveurs adhérents à ce groupe corporatif. On imagine aisément ce que pourrait devenir le rendement des 20 142 vaches laitières recensées à travers les communes de Mechroha, Aïn Seynour, Henancha, Sédrata, Taoura, Merahna et Sidi Fredj, si leurs propriétaires venaient à adopter le programme de formation du groupe. “Un simple calcul de profane nous donne une production laitière de 132 millions de litres bon an, mal an, qui pourraient être collectés et judicieusement utilisés dans la transformation et, partant, faire de Souk Ahras le premier bassin laitier du pays. Une aubaine pour l’économie locale sans doute”, assure un ingénieur agronome. Autre richesse ignorée de cette wilaya, et non des moindres, les ressources hydriques que renferment Souk Ahras en sa partie nord, qui est montagneuse et abondamment arrosée avec une pluviosité moyenne de 800 mm/an. Un don du ciel qui n’est curieusement pas mis à profit, estime M. Y., consultant en agroalimentaire établi à Guelma, en vantant la composition physico-chimique des eaux de source qui se sont accumulées dans le sous-sol de la partie nord-est de la wilaya de Souk Ahras tout au long des siècles. “C’est tout de même étonnant que personne n’ait exploité jusqu’à présent l’une ou l’autre des sources de la région. La prolifération des unités d’embouteillage dans des wilayas de loin moins bien nanties en eaux de source ou en eaux minérales, telles que Biskra, qui en abrite 7, ou encore Tébessa, où l’on en dénombre 3, aurait dû faire accourir les investisseurs de tous les coins du pays. Il y a de toute évidence un problème de communication à résoudre si l’on veut vraiment promouvoir cette région et la rendre attractive”, remarque ce spécialiste. Le wali de Souk Ahras, Badaoui Abbas, est quant à lui conscient qu’il faut faire un travail en profondeur dans le domaine de l’investissement productif, une tâche qui incombe non seulement aux responsables des secteurs concernés, mais aussi à toutes les institutions et autres associations. Il l’a dit et répété à maintes occasions, notamment lors de la journée de sensibilisation qu’a organisée en décembre 2017 le Club économique algérien (CEA) sous le thème de la promotion de l’investissement. “Les portes de l’administration sont grandes ouvertes aux opérateurs économiques qui souhaitent réellement créer des richesses et des emplois”, a invité Badaoui Abbès. 

A. Allia


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