Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

L’Algérie profonde / Est

El-Maien (Bordj Bou-Arréridj)

Une commune qui manque de tout

El-Maien, une commune enclavée. ©D. R.

Dans une région ravagée par la pauvreté, le chômage et l’enclavement, les villageois agonisent dans l'indifférence absolue.

Les derniers chiffres viennent de décréter la commune “l’une des plus pauvres de la wilaya”. Sur place, la réalité est encore plus dramatique que les chiffres. L'enclavement et les carences dans presque tous les volets de la vie compliquent la vie de cette population. Le gaz naturel qui n’a pas touché la moitié de la population dans cette localité demeure l'un des problèmes les plus lancinants. “À cause des câbles électriques qui passent au-dessus de ces maisons, une grande partie de la population est privée de gaz”, dira Houcine, membre de l’association Issirem, qui ajoute que depuis presque une année les demandes d’alimentation en gaz naturel pour ces maisons sont restées sans suite. Pour faire la cuisine et se chauffer, certains habitants se rabattent sur les bonbonnes de gaz butane, les citernes de gasoil ou le bois. À la longue, cela occasionne de lourdes charges pour eux. “Les familles de condition modeste sont pénalisées par cet état de fait qui ne fait que perdurer”, estime un autre villageois. Pour sa part, le volet aménagement urbain souffre d'une ribambelle d'insuffisances, comme l'état détérioré des chemins qui desservent le village de Takroumbelt ou ceux de Madjen, Ouled Halla, Thaourirth, Aglagal, Awrir Ouadjmi… L’absence de l'éclairage public à certains endroits pénalise les habitants. Le secteur de la santé est aussi logé à la même enseigne, car dans les huit villages peuplés que compte la commune, dit-on, il n'y a pas de maternité pour prendre en charge les problèmes de santé de la femme et des bébés, lesquelles se voient contraints de se déplacer, non pas vers le centre de santé du chef-lieu de la daïra manquant en tout, mais jusqu'à l'hôpital d’Akbou (wilaya de Béjaïa) pour les différents soins ou accouchements. “Nous avons besoin d’une maternité au chef-lieu de la commune”, demandent les habitants. Les jeunes de ce village sont en proie à l’ennui, car ils ne disposent pas d'espaces de loisirs.
Il n'y existe aucun foyer de jeunes ni terrain de proximité. Ce qui laisse les fléaux sociaux, le spleen et l'oisiveté planer sur la vie de cette frange de la société livrée à elle-même. “Nous avons une maison de jeunes qui est en chantier depuis des années. Nous passons tout notre temps dans les cafés ou sur le trottoir”, dira Da Boualem, un jeune enseignant et activiste. “Nous avons besoin d’une salle de sport, d’un terrain, d’une centre culturel, ajoute-t-il. Vivre, c'est bon pour vous autres qui habitez en ville. Pour nous, survivre, c'est sans doute ce qu'on a de mieux à faire.” Paradoxalement, le ton de la voix n'est guère rageur, on n'y décèle aucune révolte, Da Mokrane, un vieil homme rencontré pas loin de la mosquée, exprime tout simplement la réalité de son vécu. “C'est notre mektoub. La réalité est bien plus noire que vous n'osez l’imaginer : mes fils ne font rien, ils ne trouvent pas de travail”, poursuit à voix basse le sexagénaire à la peau basanée. “Ce qui nous désespère le plus, c'est que nous avons eu beaucoup d'espoirs avec l'avènement de Bouteflika. On a cru que notre isolement allait prendre fin, qu'on allait nous envoyer des gens qui comprendraient enfin nos problèmes et finiraient par nous aider à rattraper le temps perdu.” En effet, la région est un bijou touristique : montagne, forêt, hammam thermal, sites historiques… mais qui restent inexploités. “Il faut investir dans le tourisme afin de créer des postes de travail pour nos jeunes et développer la région par ses propres moyens”, ajoute Da Mokrane. Ce sont autant de difficultés auxquelles sont confrontés les habitants d’El-Maien qui, devant cette situation d’abandon, interpellent de nouveau les pouvoirs publics afin de lancer des projets de développement pour désenclaver leurs villages.

Chabane BOUARISSA


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER