L’ALGÉRIE PROFONDE / Est

Travaux de réhabilitation de l’Hôtel Seybouse dE Annaba

Une opération coûteuse

L’hôtel Seybouse en travaux depuis octobre dernier. ©D. R.

Les travaux de restauration coûteront 80% de l’enveloppe de 9,6 milliards de DA, prévue pour sa réhabilitation ainsi que celle des hôtels El- Mountazah de Seraïdi et El-Mordjane d’El-Kala, dans la wilaya d’El-Tarf.

Situé en plein centre-ville de Annaba, l’hôtel Seybouse international (ex-Plazza Hôtel) fait l’objet d’une importante opération de restauration et de modernisation, depuis le début du mois d’octobre dernier.
Cette opération, qui est inscrite dans le plan de réhabilitation des établissements touristiques publics et l’amélioration de la qualité des prestations de services que s’est fixé le ministère de tutelle a été confiée au groupe chinois CSCEC pour un montant de 7, 2 milliards de DA, comme l’indique la fiche technique du projet. Il y a lieu de souligner que ce montant faramineux représente près de 80% de l’enveloppe de 9,6 milliards de DA initialement prévue pour la réhabilitation de l’établissement en question ainsi que pour celle des hôtels El-Mountazah de Seraïdi et El-Mordjane d’El-Kala, dans la wilaya d’El-Tarf.
Deux hôtels de renom, conçus, tout comme le Seybouse, par le célèbre architecte urbaniste français Fernand Pouillon qui a supervisé leur construction au milieu des années 1970, et qui nécessitent eux aussi d’importants travaux de rénovation. “La réhabilitation des hôtels de Seraïdi et d’El-Kala est devenue impérative vu l’état de délabrement dans lequel ils se trouvent. Elle nécessitera, sans nul doute, une rallonge financière conséquente si l’on souhaite mener à terme le projet approuvé et entériné en 2011 par le ministère du Tourisme, mais qui n’a connu un début de concrétisation que cette année”, affirme un ex-cadre supérieur de l’Entreprise de gestion touristique de l’Est, (EGT). Visiblement écœuré par cette situation, ce dernier dénonce les lenteurs administratives et les atermoiements de ladite EGT, qui a mis trop de temps, de son point de vue, pour accélérer les procédures de réalisation, à savoir, entre autres, la consolidation des études techniques, notamment le lancement des appels d’offres nationaux et internationaux pour le choix du maître de l’ouvrage. “Six longues années sont passées entre le moment où le ministère du Tourisme a donné son feu vert et celui où on a enfin trouvé l’entreprise capable de prendre les travaux en main, alors que nous disposions de l’argent nécessaire. Cet argent a, en fin de compte, juste suffi à honorer la facture d’un hôtel sur les trois, avec les dévaluations successives qui ont affecté le dinar algérien. C’est tout simplement inqualifiable”, s’insurge notre interlocuteur.
Et de signaler que le bureau d’études désigné par la tutelle pour suivre le projet a été, en partie, à l’origine de ce retard préjudiciable à plus d’un titre tant pour le Trésor public que pour l’entreprise de gestion touristique, elle-même.
L’ex-responsable explique que ce bureau d’études, qu’il omettra volontairement de nommer, aurait agi en électron libre dans cette opération globale de réhabilitation des établissements hôteliers publics et qu’il n’a pas su discerner les priorités à établir dans ce cadre.
Il n’en demeure pas moins que le chantier en cours pour rénover le bel édifice de l'hôtel Seybouse international réjouit tout le monde à Annaba puisque son blason va être redoré et de la plus belle des manières. D’une capacité d’accueil de 500 lits, cet établissement de grand standing proposera, une fois achevé, une salle de conférences de 400 places, une salle des fêtes d’une capacité d’accueil de 396 personnes et plusieurs autres salles de réunion et de séminaire de 100 places chacune.
S’agissant des transformations les plus importantes, on soulignera la rénovation de son entrée principale, la création de nouveaux espaces de détente et de loisirs, et d’un parking couvert de 140 places.

A. Allia