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Automobile / Événement Auto

“SOCIOLOGIE DE L’AUTOMOBILE” DE YOANN DEMOLI ET PIERRE LANNOY

La voiture, une construction politique, culturelle et industrielle

“Qu’elle soit conduite à gauche ou à droite, l’automobile se révèle un objet éminemment politique”, ont conclu dans leur ouvrage les deux sociologues Yann Demoli et Pierre Lannoy.

La voiture occupe les débats à travers les quatre coins de la planète et se fond dans l’inconscient collectif comme un objet, un rêve, un projet de la vie, voire une construction politique, culturelle et industrielle. Dans Sociologie de la voiture, récemment paru aux éditions La Découverte, en France, les sociologues Yoann Demoli et Pierre Lannoy analysent effectivement cet objet en tant que construction politique, culturelle et industrielle.
Ils proposent une réflexion assez profonde et intéressante autour de l’avenir de la voiture, à l’heure où celle-ci et ses usages se trouvent régulièrement au cœur du débat public. Dans leur résumé, ils estiment que “qu’elle soit conduite à gauche ou à droite, l’automobile se révèle un objet éminemment politique”.
“À l’heure où celle-ci, ses usages et ses corollaires ne cessent de se retrouver au cœur du débat public (exemple récent : le mouvement des «gilets jaunes», qui est à la base parti d’une révolte contre la hausse du prix des carburants), la lecture de cette synthèse permet de prendre de la perspective sur la question. Et ce, loin des débats manichéens ayant tendance à caractériser le sujet d’habitude (en gros, selon le point de vue où l’on se situe : usagers de la voiture, monstrueux bourrins rétifs à l’avenir de notre planète, adeptes de modes de transports alternatifs, infects bobos déconnectés des réalités du quotidien)”.
En ce sens, les sociologues Yoann Demoli et Pierre Lannoy abordent la thématique sous la double facette sociologique et économique, en mettant en avant, dans les débats, l’homme, car, selon eux, “l’automobile ne cesse d’exciter les passions et de susciter les controverses. Choisie et utilisée avec soin, présentée comme un symbole de réussite et d’autonomie, elle est aussi fustigée comme la cause de nombreux fléaux environnementaux, urbanistiques et sanitaires du monde contemporain. Si la voiture est l’objet de jugements si paradoxaux, c’est parce qu’elle n’est pas seulement un objet matériel, mais un fait social à part entière”. Pourtant, les profils des deux analystes et sociologues débordent en débats et riches contradictions. Pour preuve, le premier, Yoann Demoli, sociologue au laboratoire Printemps, maître de conférences à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, a consacré sa thèse de doctorat à la place contemporaine de l’automobile dans la stratification sociale en France. Quant au second, Pierre Lannoy, il est à l’université libre de Bruxelles, membre du centre de recherche Metices de l’Institut de sociologie et chargé de cours à la faculté de philosophie et sciences sociales.
Ses recherches portent sur le phénomène automobile et les circulations qui façonnent le monde contemporain. Mais ils convergent pour appeler “à sortir d’un prisme d’appréhension qui ne serait basé que sur les comportements individuels, et donc culpabilisateur, montrant de façon convaincante comment la voiture, objet social total, est en fait une construction politique, culturelle et industrielle”. Ils rappelleront que “l’automobilisme ne peut être pleinement compris qu’à condition de dégager les logiques sociales qui le constituent et lui confèrent sa dynamique”. Convaincus, Demoli et Lannoy reviennent tout autant sur “les investissements identitaires et culturels autour des véhicules que sur les mécanismes sociaux de diffusion de l’automobile dans les sociétés occidentales ou sur la question des externalités, tant positives que négatives, qu’elles engendrent, et comment ces mêmes externalités sont créées problématisées et subies”. Pour les observateurs, ces travaux inédits, basés sur une synthèse de recherches en France et à l’étranger, démontrent que “le phénomène automobile peut se comprendre à partir des divisions et des enjeux de domination entre les groupes sociaux” et “examine, dans cette perspective, la diffusion historique de l’automobile, la massification de son usage, autant que son timide reflux, la diversité des cultures et des identités dont elle est le véhicule, sans oublier ses externalités négatives, qui suivent les lignes de structuration du monde social”.


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