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Auto / Événement Auto

PLUS DE 1 200 000 VOITURES SUR LE MARCHE INFORMEL

Véhicules d’occasion : la niche qui échappe à l’État

Après de longues tergiversations, le gouvernement décide d’assainir ce marché. Ainsi, il sera soumis à des règles de fonctionnement à travers la mise en place d’un groupe de travail pour préparer des textes juridiques. Mais, ce n’est pas demain la veille…

Quantifié par les professionnels de l’automobile, le marché d’occasion représente un peu plus de 1 200 000 unités, soit le triple du marché du neuf, au cumul de l’année 2014. Représentant également plus de 20% des immatriculations, ce marché informel représente des dizaines de milliards de dinars et constitue une niche qui échappe à tout contrôle. L’État récupère, à travers les quittances des impôts, du passage obligatoire chez l’ingénieur des mines et du contrôle technique obligatoire automobile, un bénéfice infinitésimal. On s’en souvient, les Algériens importaient 30 000 unités/an âgées de moins de 3 ans depuis l’Europe. Très vite, les concessionnaires dénoncent une concurrence déloyale, au plan commercial, et dangereuse, au plan sécurité. La démarche entamée en 2003 par les professionnels du secteur a porté ses fruits. En 2005, un texte de loi met fin à ces importations, d’autant que le scandale des véhicules dits “ZH” a ruiné les caisses de l’État. Deux ans plus tard, soit en 2007, le marché de l’automobile explose et le véhicule d’occasion (moins de 3 ans) est définitivement enterré. Durant cette année, l’Algérie avait importé près de 75 000 véhicules neufs avant de passer au double, soit 150 000 véhicules en 2008. Le crédit à la consommation aidant, le marché connaîtra une embellie telle que tous les Algériens achètent à tout bout de champ des voitures au prix fort et au détriment de leur budget. Les ventes explosent et atteignent les 250 000 unités. De graves dysfonctionnements touchent les banques à cause des non-remboursements et les foyers enregistrent des plafonds d’endettement importants. Le gouvernement sévit et met fin, en 2009, au crédit à la consommation à travers une disposition contenu dans la LFC (loi de finances complémentaire). Cela n’a  guère dissuadé les Algériens qui continuent d’acheter les voitures neuves. Si pour certains, le véhicule est un moyen de locomotion, pour d’autres la voiture est une solution de transport devant l’échec des transports en commun. En 2010, le marché du neuf atteint 350 000 unités, avant de passer à 420 000 unités en 2012 et près de 500 000 unités en 2013. L’Algérie devient un véritable dépotoir à ciel ouvert. En plus des zones sous-douanes et des showrooms saturés, les trottoirs sont squattés par les revendeurs qui dictent leur diktat. Après un fléchissement, en 2014, dû notamment au retour des formules des logements (LPP, AADL et LSP), le marché baisse sensiblement et le gouvernement porte un coup de massue au véhicule neuf. En mars 2015, le gouvernement décide de brider les importations, et ce, avant de supprimer carrément la lettre de crédit (Credoc). Face à cette situation, le marché informel prend des ailes et se substitue au marché du neuf. En mai 2015, dans un entretien exclusif accordé à Liberté, Omar Rebrab, le P-DG du pôle Automotive au groupe Cevital et néanmoins P-DG de Hyundai Motor Algérie (HMA) a interpellé les pouvoirs publics pour assainir le marché d’occasion. Invité au forum de Liberté, l’ex-président de l’Association des concessionnaires automobiles algériens (AC2A), Mourad Oulmi, avait annoncé que le marché informel dépassait les 800 000 unités en 2014, ce qui constitue une niche importante pour les concessionnaires automobiles pour imposer un “Argus à l’algérienne” d’une part, et pour l’État pour engranger des bénéfices à même de renflouer les caisses du Trésor public, d’autre part. Résultat des courses : le marché d’occasion, squatté par des spéculateurs qui défient les lois du marché, échappe aux pouvoirs publics. Après de longues tergiversations, le gouvernement sort de son silence et décide d’assainir ce marché. Ainsi, il sera, désormais, soumis à des règles de fonctionnement à travers la mise en place d’un groupe de travail pour préparer des textes juridiques. Ce futur dispositif a pour objectif d’assainir le marché local d’occasion et de protéger ses clients. Ce groupe de travail avait été mis en place depuis juin dernier 2015 pour instaurer une cotation qui mettrait fin au trafic des véhicules d’occasion, l’identification des vendeurs et des nouveaux propriétaires et à la traçabilité des capitaux. Une annonce qui fait face à l’absence d’un fichier national unifié de cartes grises, de permis de conduire et de certificats de résidence. Trois sésames que l’Etat ne contrôle pas actuellement lors des transactions enregistrés au niveau des daïras. Entre temps, lemensueldelautomobile.com, que dirige Mord Saadi, lance la cotation du véhicule d’occasion et la marque au lion lance la certification du véhicule d’occasion, dans le cadre de la vente de particulier à particulier.

FARID BELGACEM


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