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Événement

Brésil, les raisons d’un échec

Le Brésil a connu la même désillusion qu’en 2006 en étant éliminé vendredi du Mondial 2010 dès les quarts de finale par les Pays-Bas (2-1). Une sortie hâtive qui résonne comme un échec cinglant pour la stratégie défensive de Dunga, et donne raison à ses détracteurs. Sa fameuse phrase, lancée comme un défi à la presse brésilienne le 3 juin dernier, revient comme un boomerang. “Il y a sûrement ici (en Afrique du Sud) environ 300 journalistes brésiliens qui attendent notre élimination pour pouvoir dire qu’ils avaient raison, que le sélectionneur a eu beaucoup de chance à la Copa America (2007) et à la Coupe des Confédérations (2009).”
De fait, ces résultats-là ne pèsent guère au regard d’un tel échec dans la compétition reine, où les cinq titres du Brésil et le réservoir de talents lui assignent l’obligation de figurer dans le dernier carré, sinon en finale. D’autant que cet échec fut assorti d’un jeu jamais totalement convaincant, s’en remettant aux seuls Kaka et Robinho pour glisser çà et là quelques notes de samba au sein d’une partition en sourdine.
Au pays du jogo bonito (beau jeu), qui vit toujours sur les mythes de Pelé et de 1970, cela ne pardonne pas. En fin de contrat au bout de quatre ans, Dunga s’en ira sous les quolibets.
Rares auront été ses soutiens. “Du milieu à l’arrière, c’est la meilleure équipe du monde !” avait même ironisé Branco, son ancien coéquipier. L’ancien capitaine Cafu l’a défendu jeudi. “Les gens se trompent en estimant que le Brésil n’est pas très offensif, que son équipe n’a pas le flair d’une équipe du Brésil. S’ils jouent comme contre le Chili, ils ont des chances de remporter le sixième (titre mondial).”
Il est vrai que la victoire contre le Chili en 8e de finale (3-0) avait ressuscité la flamme assoupie ainsi que quelques coups d’éclat contre les Néerlandais. Ce fut un feu de paille étouffé par une grande nervosité (deux cartons rouges en cinq matches). Le défenseur central Juan avait dévoilé, mercredi, la ligne directrice de la tactique estampillée. Dunga, le sélectionneur “demande aux milieux et aux attaquants de participer au marquage”. Une question d’“équilibre”, leitmotiv justifiant la stratégie défensive. Pour assurer ses arrières, Dunga a choisi trois éléments fiables (Maicon, Juan et Lucio) et fait le pari de descendre Bastos d’un cran dans le couloir gauche, un pari plutôt réussi.
Mais son système comprenait aussi deux milieux défensifs, le vétéran Gilberto Silva et Felipe Melo le bagarreur. Sans doute un de trop : sur le plan de la créativité dans l’entrejeu, tout reposait du coup sur un seul homme, Kaka. Le n°10, auteur de trois passes décisives, est monté en puissance sans, non plus, retrouver le niveau de 2007 qui lui avait valu le Ballon d’Or.

Son remplaçant attitré,  Julio Baptista ?
Sa pâle prestation face au Portugal (0-0) a montré l’étendue de ses limites, notamment techniques. En écartant Ronaldinho et en ignorant Ganso, génial milieu de Santos (19 ans), Dunga s’est privé d’une étoile et d’une étincelle qui auraient pu raviver la flamme. Ironie du sort, le sélectionneur aura donné raison à la dérision du slogan de la campagne antidrogue qui claironnait : “Faites comme Dunga : passez-vous de drogue !”