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A la une / Événement

Cinquantième anniversaire de l'indépendance

Des Belges solidaires d’une Algérie indépendante

Au moment où diverses activités sont organisées en Belgique par le mouvement associatif algérien en commémoration du cinquantième anniversaire de l'indépendance, il nous paraît opportun de publier ici quelques extraits des Souvenirs de Pierre Le Grève qui fut la cheville ouvrière du Comité (belge) pour la paix en Algérie. Né en 1916 et aujourd'hui disparu, ce professeur de morale laïque, profondément syndicaliste, avait adhéré avant la Seconde Guerre mondiale aux étudiants socialistes, avant de militer dans les rangs de l'extrême gauche trotskyste. C’est à compte d'auteur que Pierre Le Grève édita ses Souvenirs d'un marxiste antistalinien aux éditions de la pensée universelle. Nous reproduisons ici quelques pages de cet ouvrage riche du combat de Belges qui ont œuvré aux côtés du peuple algérien pour son indépendance.

“C'est en 1958 que se créa le Comité pour la paix en Algérie… Le comité se réunissait tous les lundis à Bruxelles. Les membres siégeants étaient d'une régularité étonnante. Le comité organisait toutes les activités publiques : meetings, manifestations de rue, conférences de presse…
Rachid, le responsable du Front en Belgique, dont j'ai conservé le meilleur souvenir, m'avait parlé des difficultés rencontrées pour défendre les Algériens sur le territoire belge, les avocats belges demandant beaucoup plus cher que les avocats français organisés en collectif de défense.
Je soumis la chose au comité et un appel fut lancé. C'est alors que Marc De Kock et Serge Moureaux siégèrent au comité et, autour d'eux, s'organisa un groupe d'avocats qui ne se contentèrent pas de traiter les affaires qui se présentaient en Belgique, mais qui s'intégrèrent à un collectif français et plaidèrent en France. C'était périlleux. Les menaces de mort n'étaient pas épargnées à ceux qui plaidaient en France. Maître Aoudia fut assassiné à Paris.
Je ne puis citer les noms des membres du collectif de façon exhaustive. Je citerai tout de même ceux dont je me souviens en ce moment : Maîtres Cécile Draps et Merchies.
Le 28 février 1961, deux avocats belges, Maîtres Moureaux et Cécile Draps, et un avocat français, Maître Zavrian, quittaient la barre du Tribunal militaire de Lille parce que le président leur refusait la parole. Il paraît qu'on ne peut quitter la barre qu'en présentant des motifs d'excuse. Ils furent suspendus pour six mois. L'affaire fut soumise à cassation. Le greffe de la Cour informa, le 8 juin, que la décision disciplinaire était cassée. Mais le 9, démenti du président de la chambre concernée : le greffe s'était trompé. On plaida et la sanction fut maintenue. Des journalistes avaient pu voir au greffe le texte de l'arrêt qui cassait. Un acte judiciaire qui met gravement en cause l'indépendance de la justice française en ces circonstances historiques. C'est à Bruxelles, les 18 et 19 mars, que les avocats impliqués dans l'affaire algérienne organisèrent un colloque international sur les questions juridiques qui y sont liées. Un grand nombre de juristes y participèrent venus de Grande-Bretagne, de Suisse, de France, du Maroc, d'Algérie, d'Italie et de Belgique évidemment.

Meetings  et manifestations
En dehors du plus grand meeting que nous avons organisé avec Jean-Paul Sartre et sur lequel je reviendrai plus loin, je me souviens de deux meetings organisés à Saint Josse. Le choix de la commune provenait de la qualité de son bourgmestre (maire ndlr). Il a toujours pris ses responsabilités quand il s'agit d'une question de cet ordre.
Au premier parla Mandel, au second Rifflet, militant socialiste et européen.
à la fin de ce dernier rassemblement, je priai les participants de se former en cortège pour aller déposer la résolution adoptée à l'ambassade de France, assez proche du boulevard. à la porte principale, on refusa de nous recevoir. Nous nous présentâmes alors à la petite porte où un préposé de petit grade nous assura qu'elle serait remise le lendemain à l'ambassadeur.
Nous sommes alors descendus en ville par le Botanique à pas rapides, car la manifestation n'était pas autorisée et nous devions prévenir l'action de la police. Nous nous sommes engagés dans la rue Neuve et c'est seulement à son extrémité que nous nous sommes heurtés à la police. Je négociai et on nous permit de dissoudre sur la place de la Monnaie, lieu symbolique de l'indépendance de la Belgique. Un seul mot d'ordre écrit : Indépendance de l'Algérie… Le troisième meeting eut lieu en novembre 1959. Il fut présidé par Guy Cudell. Y parlèrent le sénateur socialiste Busiau et le sénateur chrétien Van Cauwelaert.

Prétendus règlements
de comptes
Il est certain qu'une lutte entre le FLN et le MNA a existé jusqu'en 1957 environ…
Le dernier bastion messaliste fut le nord de la France et donc aussi la Belgique… En novembre 1957, des journaux et périodiques, dont La Gauche, avaient publié un appel du FLN. Il demandait aux Algériens de Belgique de ne jamais confondre leur situation avec celle des Algériens de France, de ne pas violer la légalité et de s'appuyer sur les organisations ouvrières belges pour défendre leurs droits ; d'exclure toute violence de leurs conflits d'opinion. L'observation des faits prouve que cet appel fut suivi. Pourtant, pendant longtemps encore, on a exploité, contre l'immigration algérienne dans son ensemble, des agressions organisées de l'extérieur et exécutées par des gens franchissant notre frontière sud. On verra que nous accusions les services secrets français d'organiser le terrorisme en Belgique en se servant non du MNA mais des débris du MNA. Ce n'était pas le capitaine Serrano qui portait les coups mais des Algériens, puisqu'il fallait entretenir la conviction qu'on se trouvait devant des règlements de comptes entre Algériens…
à propos des refoulements, renvois et expulsions d'Algériens, j'estimais qu'ils rendaient inopérante la procédure d'extradition, qui devait garantir les personnes menacées pour des actes liés à leurs convictions politiques. J'en avais parlé longtemps avant à Marc-Antoine Pierson, éminent juriste, en faisant valoir que, à ma connaissance, il était interdit d'extrader pour des crimes ou des délits politiques. Ce souvenir remontait à l'avant-guerre. La chose était absolument oubliée. Maître Pierson revit les textes et reconnut que c'était exact. Il nous rédigea une note sur les garanties accordées aux étrangers menacés dans leur pays par des actes inspirés par leurs convictions politiques. Nous la diffusâmes dans les milieux algériens.


Tournant terroriste  et évolution des médias
Le tournant dans l'histoire du terrorisme va se confirmer avec l'assassinat à Ixelles de l'étudiant Akli Aïssiou. Pour la première et dernière fois, un meurtre va se produire dans la région bruxelloise.
À 8h30 du matin, un colocataire entend le bruit d'un corps qui s'effondre dans l'escalier. Il se précipite et trouve Akli Aïssiou presque sans connaissance. Il lui porte secours et donne l'alarme. Aïssiou mourra dans l'ambulance. On s'aperçut qu'il perdait beaucoup de sang et toute la presse affirma qu'il avait été abattu par une balle. On n'avait rien entendu, donc : révolver muni d'un silencieux. Le rapprochement s'imposait avec le meurtre, à Paris, le 24 mai 1959, de Maître Ould Aoudia, avocat algérien du barreau de Paris.
On l'avait trouvé à 7 heures du matin dans un corridor assez éloigné de la porte de son cabinet. On crut d'abord à une crise cardiaque, mais on vit du sang et on parla aussi d'un pistolet avec silencieux. Il faisait partie du collectif d'avocats défendant des Algériens.
En fait, Akli Aïssiou - et probablement Maître Ould Aoudia - ne fut pas tué par un coup de révolver mais par un instrument sophistiqué, breveté en Suisse. Il s'agissait d'une fléchette dont le bout s'ouvrait en harpon, ce qui en rendait l'extraction difficile. Elle était lancée grâce à un appareil de percussion dissimulé dans la manche et agissant sur l'ordre d'une commande placée dans la paume.
C'est Serge Moureaux qui m'expliqua cela, ayant eu, en tant qu’avocat, accès au dossier. Pourquoi aucun des journalistes qui tirent leurs informations des services de police n'a-t-il pas révélé ce détail ? Détail effrayant, puisque, à partir de ce moment, on pouvait imaginer que n'importe quel passant, en étendant le bras, aurait été capable de nous décocher cette flèche mortelle sans que personne ne s'aperçoive qu'il ne s'agissait pas d'un accident cardiaque.
Ceci est grave : j'avais été averti par un responsable du Front qu'un attentat se préparait à Ixelles. Des militants de passage avaient logé dans une maison de la rue Crespel. Ils avaient été avertis par la logeuse que plusieurs hommes, sortis d'une voiture portant plaque française, s'étaient présentés, l'arme au poing, se disant de la police française et réclamant d'être mis en contact avec ces Algériens.
J'informai immédiatement l'échevin socialiste Wiart qu'un attentat pourrait se produire à Ixelles. Il demanda au commissaire de police d'en informer le parquet. Il le fit et on répondit qu'on était au courant.
Pourtant, la voiture revint plusieurs jours de suite à la rue Crespel et elle ne fut jamais inquiétée. Lorsque j'appris qu'un attentat meurtrier avait eu lieu à Ixelles, non à la rue Crespel, mais à la rue de la Longue Vie, je me rendis au Palais de Justice et demandai à parler au juge d'instruction qui s'occupait de l'affaire. Je passai plusieurs heures dans le couloir à attendre. On vint plusieurs fois m'inviter à dire ce que j'avais à dire à un commissaire. Je refusai, ne voulant parler qu'au juge.
De guerre lasse, on m'introduisit enfin chez lui. Je lui dis que j'avais averti l'échevin d'Ixelles, que le commissaire de police avait prévenu la police judiciaire… On ne prit aucune note, on m'écouta à peine, puis on me dit que je pouvais maintenant aller faire ma déclaration chez le commissaire. Je la fis. Quand je parlais des braqueurs de la rue Crespel se disant policiers français, il me dit qu’il venait souvent "ici" des policiers français, et que, la veille, il en était encore venu et même d'origine algérienne.

Les agents d’exécution  exfiltrés en France
Nous avons appris, un peu après, qu'un Algérien, Ali Zouba, avait été surpris à rôder, plusieurs jours avant le meurtre près de la maison où Akli Aïssiou habitait. Or presque immédiatement après le crime, il fut arrêté par la Sûreté et renvoyé avec une douzaine d'autres Algériens. Lors d'une entrevue avec le procureur du Roi concernant l'attentat me visant, je dis m'étonner que ce suspect ait été renvoyé au moment où il eût été intéressant de l'interroger…

Attentats contre des Belges
Quelques heures après l'attentat contre Akli, c'était chez moi qu'un attentat devait avoir lieu. C'était un vendredi. J'étais à l'école. C'est ma femme qui trouva le colis dans notre boîte aux lettres, un livre : La Pacification, de Hafid Keraman... Celui-ci était bien emballé et protégé par une solide gaine, portait la mention : Édition spéciale. Ma femme ne put résister à la tentation née de cette mention. Elle déballa, sortit le livre de sa gaine, commença à le feuilleter, vit qu'il était creusé. Elle se rappela soudain qu'il était recommandé de ne pas ouvrir de colis. Elle reglissa précipitamment le livre dans sa gaine et le porta dans notre jardinet. Lorsque je rentrai après mon cours, elle me dit d'un ton sévère : “Va voir au jardin ce qui est arrivé ce matin.”
- Attention ! C'est une bombe.
Elle m'explique ce qu'elle a vu… Je renifle la poudre, mesure la profondeur de l'excavation, discerne vaguement la forme de ce qui pourrait être un détonateur.
Convaincu, je décide de donner l'alerte… Les services spécialisés confirmèrent nos impressions. L'objet fut confié au spécialiste, le colonel Huybrechts qui le démonta…

Nous devions bientôt apprendre que quatre engins du même type avaient été postés ce jour-là, dont un pour M. Laperche, à Liège. Il mourut dans des conditions horribles. Le compte-rendu de ce tragique événement fit comprendre pourquoi l'engin n'avait pas fait, chez nous, son office. M. Laperche aurait trouvé le livre trafiqué sur son bureau, l'avait ouvert et, intrigué par un certain parfum qui s'en dégageait, l'aurait approché de son nez en l'élevant vers son visage. C'est alors que le détonateur s'est déclenché provoquant les graves lésions dont il devait mourir un mois plus tard. Ni ma femme ni moi n'avions incliné le livre. Le professeur de Liège n'aurait pas dû mourir si les autorités avaient fait ce qu'on est en droit d'attendre d'elles. Pour ma part, j'avais téléphoné immédiatement à mes amis de Bruxelles et de Liège, les deux bases principales du comité. Je n'avais pas téléphoné chez Laperche et aucun de mes amis ne songea à le faire, car il n'était pas membre du comité, ni connu comme engagé en faveur de la cause algérienne. Deux autres personnes, l'une au Maroc, Si Mustapha, l'autre en Tunisie, un membre du GPRA, avaient été visés. Ce n'était pas la première fois qu'elles servaient de cible. Toutes les précautions étaient prises, et les colis n'y explosèrent donc pas.

Pourquoi  donc Laperche ?
Il faudra des révélations de la Libre Belgique  pour qu'on comprenne. Je cite textuellement : "L'activité du professeur Laperche semblait, par contre, moins connue, du moins dans l'opinion publique. Les enquêteurs savent pourtant, depuis au moins le début 58, que le professeur liégeois était très engagé politiquement. À cette époque, un chef du FLN important fut appréhendé à la frontière.
On découvrit dans ses poches une liste où figuraient les noms de certains Belges acceptant d’héberger des leaders du FLN." Là, dans mon article de La Gauche, j'arrêtai la citation, car je voulais faire sentir tout le poids de la phrase qui suivait immédiatement : "Le professeur Laperche n'y était pas mentionné… (les points de suspension sont de moi), mais l'enquête entreprise à l'époque, permit à la Sûreté d'ajouter à cette liste, en toute certitude, les noms du professeur Laperche et de ses deux fils.”
Donc cette liste portant un nom en évidence, puisqu'ajouté, fut transmise aux services français. Et d'un !
Je fus entendu par la police judiciaire le jour même où nous reçûmes le sinistre colis. J'insistai sur la nécessité de lancer immédiatement un avertissement par radio et TV. On me dit que c'était impossible car nous étions à la veille du week-end et que, de ce fait, il n'était pas possible de toucher ce procureur du Roi, qui seul pouvait l'autoriser .
Pourtant, un des avocats qui s'occupaient de l'affaire, Moureaux ou De Kock, me fit savoir qu'il avait touché le procureur pour m'obtenir un port d'arme et que celui-ci avait dit que, bien que le lendemain soit un samedi, un substitut m'attendrait au Palais pour me remettre le document. Le samedi, je fus donc en mesure d'acheter une arme et d'aller chercher le document m'autorisant à la porter, mais Laperche mourut dans des conditions affreuses.
Un nom ajouté à une liste par une police, un refus d'avertissement public par un autre, voilà comment s'explique le sort d'une innocente victime. J'ai été à l'enterrement de M. Laperche. Je savais que le soir devait se tenir une réunion de jeunes en vue de réagir à son assassinat. J'y fus, car je savais qu'il y serait question de représailles. Un certain Pierre Joly avait souvent été mis en cause comme membre actif de mouvements d'extrême-droite. C'était sans doute lui qui était visé. Si ces menaces avaient été exécutées, nous aurions perdu pour la cause tout le bénéfice de cette action tragique.
Car la machine s'inversait. Pour la première fois, il apparaissait bien que le terrorisme n'était pas le fait des Algériens mais des services français spécialisés. Il ne fallait donc pas que des violences soient le fait d'éléments de gauche, dont on aurait montré qu'ils étaient sympathisants de la cause algérienne. Ils se laissèrent convaincre. Que la violence reste à droite, nous y avons tout intérêt !

Le comité
et l’action humanitaire…
Jusqu'à la fin de la guerre, il n'aura jamais été possible d'expédier à partir de la Belgique. D'où la décision de transporter, par caravane automobile, le produit de nos collectes de vêtements à Amsterdam, car là, les Néerlandais embarquaient des colis à destination du Croissant-Rouge algérien. Des dizaines de voitures se rassemblèrent à notre appel devant le local de Présence Africaine. Nous les avons remplies à plein de colis Elles ne suffisaient pas. Nous avons alors demandé un camion à la Croix-Rouge. Hélas, elle ne put nous le fournir… car tous participaient à un exercice. Ce fut finalement un brasseur du Borinage, qui mit son camion notre disposition.
Au départ, un grand nombre de policiers en civil notaient le numéro des voitures. Chacune de celles-ci arborait une affiche portant en rouge : “Aide aux réfugiés algériens”. Ainsi la caravane servit aussi de manifestation…. C'est en mai-juin 1962 que fut décidée la création du Comité d'aide médicale et sanitaire à l'Algérie. De très nombreux médecins signèrent l'appel.
Les accords entre la France et l'Algérie rendaient dorénavant, les expéditions possibles, même par avion. Nous reçûmes des dons de firmes et des envois spontanés d'échantillons pharmaceutiques. Un premier envoi de 23 colis d'antibiotiques eut lieu le 23 juin …Des quantités considérables furent recueillies. Grâce à l'aide de notre ami Cudell, l’immense préau d'une école désaffectée fut mis à notre disposition…

Meeting Sartre
À quelque temps de la fin des hostilités, le Comité eut l'occasion d'organiser un des plus grands meetings qu'on ait pu voir à Bruxelles…Nous avions appris, par Naegels, que le “Comité universitaire anticolonialiste” avait l'intention d'inviter Jean-Paul Sartre à venir parler à l'université…. Il nous faut une salle très grande. Guy Cudell nous proposera la salle Léonard de Vinci du Centre international, rue du Progrès. Pour l'époque la salle se louait à un prix exorbitant : 40 000 fb mais pour une salle nue.
Cudell nous avait dit que si nous n'arrivions pas à couvrir les frais, nous pourrions l'avoir gratuitement. Il fallait encore la garnir de chaises à 20frs. Nous en avions mis 3 000, ce qui obligea beaucoup de monde à rester debout. Il y avait aussi les frais de sonorisation.
Des affiches grand format, en lettres rouges sur fond blanc furent diffusées dans les deux langues et affichées en de nombreux points stratégiques du pays notamment dans les universités. Des tracts furent massivement répandus et des cartes d'entrées à 20frs réparties pour la vente…Tous les frais furent largement couverts…Le meeting eut lieu le 12 mars 1962.
Sartre et Simone de Beauvoir arrivèrent à Bruxelles la veille. Ils logèrent chez Roger Lallemand. Moi aussi, parce qu'il fallait assurer leur sécurité et que j'étais armé…
Quand nous avons gagné la tribune, nous nous sommes trouvés devant une mer humaine. Les gens étaient les uns contre les autres, plus debout qu'assis. Et pourtant ils restèrent jusqu'à la fin.
Je ne voudrais pas essayer de rendre compte de ce que dit Sartre. C'est trop loin. En tout cas, ce fut un événement ! Son sujet fut l'Algérie et la montée du fascisme…
Toute la presse belge fut, vu cet immense succès, obligée de donner bon gré, mal gré, un compte-rendu plus ou moins objectif…


A. M.