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A la une / Événement

Sacré champion du monde

Le fol âge d’or de l’Espagne

C’est désormais officiel : l'Espagne a gagné ses galons de meilleure équipe de la planète en glanant la Coupe du monde pour la première fois de son histoire, grâce à une génération de gala régalant par son art du “toque”, un jeu aussi contondant qu’esthétique.

Le postulat est simple : pour marquer un but, mieux vaut avoir le ballon. Ce “toque” (toucher) ou “tiqui-taca” repose sur des passes courtes en un minimum de touches de balle, sur fond de maîtrise technique permettant une possession hégémonique du ballon. “À défaut de puissance physique, nous avons décidé que les joueurs tiendraient le ballon”, avait expliqué l'ex-sélectionneur Luis Aragones. La Roja s'appuie aussi sur l'ossature du FC Barcelone et son jeu offensif.
Reine d'Europe en 2008, elle a étendu son empire en assumant son statut de favorite et malgré un changement de sélectionneur, Vicente Del Bosque succédant à Aragones. Le résultat est le même. Il vient néanmoins de loin. En 2006, la colonne vertébrale de l'équipe actuelle est meurtrie par la France de Zidane, en quart de finale du Mondial (3-1). Mais le coup de Zizou est fatal. Moribonde, la Roja est mise en bière à Belfast par l'Irlande du Nord (3-2), puis enterrée en Suède (2-0) avant l'oraison funèbre prononcée par la Roumanie  en amical à Cadix (0-1). Aragones fait un sacrifice humain : Raul, l'emblématique capitaine.
Et peu  importe le débat entre “luisistes” et “raulistes”, ou la bonne saison 2007-2008 de l'attaquant : le sélectionneur déleste le groupe d'une personnalité clivante. La renaissance s'amorce en Angleterre, où le football a vu le jour.
Le terme de “tiqui-taca”, inventé par un journaliste espagnol en juin 2006, devient réalité en février 2007 dans un match amical remporté
(1-0) par la Roja. “Une nouvelle ère est née à Manchester, connue sous le nom du tiqui-taca et de laquelle nous sommes tous fiers”, explique Iniesta, auteur du but. La tragédie espagnole post-mondialiste s'achève définitivement au Danemark en octobre 2007 où la Roja est confrontée à son destin : être ou ne pas être qualifiée pour l'Euro-2008.
Elle bat les Danois (3-1), et Sergio Ramos marque un but au terme d'une action de 27 passes. “Les gens étaient un peu désespérés par les derniers matches, et là on a commencé à croire qu'on pourrait être champions d'Europe, se souvient le défenseur. On a commencé à construire un bon bloc, propre, jeune et expérimenté à la fois, et les résultats ultérieurs l'ont corroboré.” Cet esprit allait tout emporter sur son passage, agrémenté d'un record de 15 succès consécutifs et de 35 matches sans défaite (record du Brésil 1993-1996 égalé).
Le revers en demi-finale de la Coupe des Confédérations 2009 contre les États-Unis (2-0) n'est qu'un “accident”. Coup de maître à l'Euro-2008 : la Roja engrange trois victoires au premier tour, bat l'Italie... à l'italienne (0-0, 4 t.a.b à 2), grâce à “San Iker” Casillas qui arrête deux tirs au but, puis balaie la Russie du génial Arshavin (3-0) avant de dominer l'Allemagne en finale sur un but du “Niño” Torres
(1-0).
Le Mondial-2010 est moins flamboyant, entre une défaite initiale contre la Suisse (1-0) et un parcours gagne-petit (1-0 dans les tours à élimination directe). Mais Villa empile 5 buts, Xavi et Iniesta s'amusent comme au Barça et la charnière Piqué-Puyol déchiquète les attaques adverses.
Les Pays-Bas à leur tour estoqués (1-0), Casillas devient le premier Espagnol à brandir une Coupe du monde. La belle conclusion d'une histoire de “toque”.