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A la une / Événement

Angleterre

Les raisons d’un échec

Des qualifications réussies, un bon match contre la Slovénie et l'aura du sélectionneur Fabio Capello ont fait croire à l'Angleterre qu'elle pouvait remporter le Mondial 2010, mais son humiliante élimination par l'Allemagne, dimanche, ne constitue pas une immense surprise. Des attentes excessives. “Easy” (facile), avait titré le tabloïd The Sun en reprenant les initiales des équipes d'un groupe dont elle a eu les pires peines à s’extraire (“England, Algeria, Slovenia, Yanks”). Pourtant... L'Angleterre restait sur une humiliante absence de l’Euro-2008 pour le prix d'une défaite contre une autre équipe “easy”, la Croatie. Et elle n'a plus battu une “grande nation” en match officiel depuis l'Argentine au Mondial 2002... Depuis son sacre de 1966, elle ne s'est hissée qu'une fois dans le dernier carré d'un grand tournoi (Mondial 1990). Pourtant, elle a du mal à accepter qu'elle n'est plus une force dans “son” sport, qu'elle s'obstine à considérer comme l'ultime vestige de sa puissance impériale. Avec, de l'aveu de Capello, un minuscule réservoir d'une cinquantaine de titulaires en Premier League, l'Angleterre n'a pas les moyens de ses ambitions. Les joueurs, qui clament publiquement leur admiration pour Capello, ont parfois souffert de son autoritarisme et n'ont pas apprécié qu'il les accuse d'avoir “peur”. John Terry, qui a mal vécu d'être déchu de son capitanat, est le seul à s’être publiquement rebiffé avant de présenter des excuses. Mais le gardien, David James, sympathisant des “Verts” britanniques, a eu du mal à cacher son manque d'atomes crochus avec un homme qui a concédé son admiration pour “l'héritage d'ordre” du franquisme.
Les cadres ont demandé à Capello de revoir son dispositif en incluant Joe Cole. Fidèle à sa réputation d’inflexibilité (même s'il leur a autorisé un verre de bière...), l’Italien a refusé. Peu importe qui avait raison : difficile de réussir sans l'adhésion totale du vestiaire. Pour ce qui est des failles, il est utile de rappeler que le gardien, Robert Green, auteur d'une bourde contre les états-Unis (1-1), ne fut pas la plus grave. Le “Pelé anglais”, Rooney, a traversé le tournoi comme une ombre.
à se demander s'il n'était pas “blessé”. L'introverti Gerrard a semblé écrasé par son rôle de capitaine. Le milieu axial, Frank Lampard a été l'ombre du joueur de Chelsea. Contre l'Allemagne, le défenseur central, John Terry a été catastrophique. il y’a aussi les absences de quelques cadres. Quelle autre équipe a usé cinq défenseurs centraux ? Le capitaine Rio Ferdinand a déclaré forfait, Ledley King l’a très vite suivi à l’infirmerie, avant que Jamie Carragher, suspendu, ne laisse sa place à Matthew Upson aux côtés de John Terry... Un chantier permanent pour un édifice branlant qui s’est effondré face aux Allemands. Pour d’éminents membres de la “génération dorée”, ce Mondial constituait une dernière chance : Frank Lampard, Steven Gerrard, Rio Ferdinand ont passé la trentaine. John Terry, Joe Cole et Ashley Cole n'en sont pas loin.
Fabio Capello, qui devrait quitter ses fonctions (Roy Hodgson est favori pour lui succéder), avait sélectionné l’équipe la plus âgée de l’histoire du football anglais, avec comme objectif de gagner, pas de préparer l'avenir. La relève n'est pas pléthorique : Rooney, 24 ans, est pour l'heure bien seul...