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Économie / Finances

Finances

Entretien avec le Dr Arezki Hamza

Bien plus qu’un simple examen, le baccalauréat est perçu comme un moment-clé, une étape déterminante dans la vie d’un adolescent et su lequel reposent tous les espoirs de l’avenir.  Stress, anxiété, phobie, angoisse, névrose… Beaucoup d’élèves cèdent à la grosse pression et finissent par présenter des cas psychopathologiques. Est-ce justifié ? Ancien responsable de la santé mentale au ministère de la santé et de la population, spécialiste en psychiatrie, en maladies du système nerveux et en médecine psychosomatique, le Dr Arezki Hamza nous parle du “syndrome” du bac.

Liberté : Avez-vous l’habitude de traiter des cas d’anxiété chez les élèves à l’approche du baccalauréat ?
Dr Arezki Hamza : En effet, nous recevons chaque année de petits groupes pathologiques de jeunes lycéens en situation d’anxiété à l’approche du baccalauréat. Il faut d’abord préciser que l’anxiété est la composante la plus partagée par les êtres humains. Nous sommes tous plus ou moins anxieux.
Il y a, en fait, deux sortes d’anxiété, l’anxiété normale et l’anxiété pathologique. L’anxiété normale, pour simplifier, est cette décharge d’adrénaline qu’on reçoit quand on se trouve dans une situation dangereuse. Cette décharge d’adrénaline peut, en fait, être le moteur qui permet à l’élève (comme à tout un chacun) d’aller de l’avant et d’emmagasiner le maximum de connaissances. Mais si cette anxiété nous immobilise, nous empêche de travailler, on est devant un cas d’anxiété pathologique.
Les cas pathologiques présentent un fond permanent d’anxiété et de phobie : peur de l’échec, peur de la réaction de l’entourage, etc. Ceux-là, bien qu’ils soient, dans la plupart des cas des élèves brillants, ne réussissent pas très bien leur gageure. Alors, nous leur prescrivons des psychotropes pour venir à bout de cet état-là. Et nous effectuons aussi un travail de désensibilisation à travers des entretiens psychologiques.

À quel moment doit s’effectuer la prise en charge ?
Je dirais que plus tôt on prend en charge les malades, mieux c’est. Quand on s’y prend à temps on peut venir à bout du problème. Les psychotropes permettent au cœur de ne pas s’emballer et peuvent maintenir le patient dans un état calme pour qu’il affronte les examens dans des conditions normales. Il faut signaler leurs effets secondaires, gênants, commencent à s’estomper au bout de trois à quatre semaines.
Et si on s’y prend au bon moment, les examens peuvent se passer admirablement bien pour le patient. Pour ce qui est du travail psychologique de fond, il faut disposer de beaucoup plus de temps. C’est un travail de longue haleine où il faut prendre beaucoup plus de recul par rapport au problème.

Quel rôle doivent jouer les parents dans cette désensibilisation ?
Il faudrait que les parents dédramatisent l’examen du baccalauréat, en le remettant dans son contexte.
Il faut faut qu’ils expliquent à leur enfant que le bac n’est, après tout, qu’un examen, une étape dans la vie et non une fin en soi. Vous savez, l’anxiété se communique. Et l’entourage peut facilement la transmettre à l’élève. Il ne faut pas que les parents ajoutent à la pression qui pèse déjà sur lui.

Quels conseils donnez-vous à vos patients pour surmonter cette épreuve ?
Nous leur donnons quelques petits conseils pratiques pour arriver à affronter le jour fatidique. Dormir convenablement, se nourrir convenablement, éviter les excitants, prendre le temps nécessaire pour lire le sujet jusqu’à la fin, éviter de travailler pendant les derniers jours précédant l’examen, et surtout ne pas penser à l’échec. Nous leur recommandons aussi de faire des exercices en se mettant en situation d’examen, en effectuant une sorte de bac blanc chez soi.

Quand faut-il consulter un spécialiste ?
Quand il y a souffrance, il faut une prise en charge. Quant on se sent envahi par l’anxiété, il ne faut pas hésiter à se faire examiner et à suivre une psychothérapie.

D. B.