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Économie / Finances

Cri d’une mère émigrée séparée de ses enfants

“… Je suis pourtant algérienne”

Sur son visage se lit toute la détresse du monde. Hassiba Belkacemi est une maman déchirée par la douleur. Son seul souhait dans ce bas monde, c’est de revoir ses deux enfants, Mohamed-Riad et Nasr Eddine, âgés respectivement de 4 et 6 ans. Pour cette maman émigrée, mariée depuis huit ans, le cauchemar a commencé il y a plus d’une année, lorsque, obligée de rentrer au pays pour assister à l’enterrement de sa grand-mère, sa belle-famille s’empara des deux gosses en lui interdisant tout contact avec eux. “Je réside en France depuis plusieurs années, mais comme le veut la tradition, mon père a préféré que je rentre au bled pour me marier. Au mois d’avril 1996, je me suis unie à un jeune de ma région, Médéa, M. M. R. Quelques mois après le mariage, nous avons décidé de nous installer en France. Nous avons toujours mené une vie tranquille, jusqu'au jour où j’ai été obligée de rentrer en Algérie pour assister à l’enterrement de ma grand-mère, au mois de février 2002. Mon mari n’a exprimé aucune objection ; au contraire, il m’a même autorisée à prendre les enfants avec moi. Quelque temps plus tard, mes beaux-parents sont venus voir leurs petits-enfants et m’ont demandé la permission de les garder pour quelques jours. Quand j’ai voulu récupérer mes petits, ils ont refusé et m’ont signifié que les enfants se trouvent avec leur père, rentré depuis peu en Algérie à mon insu”, nous confie Hassiba éprouvée. Devant le refus du mari et de la belle-famille, Hassiba décide d’entamer une procédure judiciaire pour récupérer ses enfants. “Mon mari avait entre-temps engagé une demande de procédure de divorce et était reparti en France en confiant la garde de nos petits à ses parents. Pour recouvrer la garde, j’ai consulté des juristes qui m’ont conseillé de présenter ma demande devant un tribunal français, le domicile conjugal étant en France.”
Le tribunal de grande instance d’Evry a rendu son jugement en certifiant l’autorité parentale exclusive à la mère. Étant de nationalité algérienne, les textes de loi algériens étaient également favorables au jugement rendu. Confiante, Hassiba rentre en Algérie ; elle est certaine qu’elle va retrouver ses petits. Au ministère de la Justice, elle est rassurée quant à la légalité de son jugement.  “Le tribunal d’Evry nous a faxé votre dossier ; tout est en règle, vous n’avez qu’à vous adresser au procureur de Ksar El- Boukhari (Médéa), lieu de résidence des beaux-parents et des enfants, pour appliquer le jugement”, lui assure-t-on. Entre-temps, le divorce est prononcé. Mais d’autres péripéties vont suivre.
“Le procureur n’a jamais répondu à ma requête, prétextant la non-légalité de mon jugement. Mon affaire est en suspens et mes enfants sont toujours chez leurs grands-parents dans un douar perdu. Je  n’ai même pas le droit de les approcher”, intervient Hassiba, le visage inondé de larmes. La mère, qui poursuit son combat pour la garde de ses enfants, se demande toujours si les lois algériennes ne s’appliquaient pas aux nombreuses algériennes résidantes à l’étranger. “Même si je suis de nationalité algérienne, je n’ai pas bénéficié du droit de garde des enfants, mineurs, défini dans le code de la famille”, lance-t-elle en se demandant quand est-ce qu’elle pourra revoir ses petits ?

W. L.