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Économie / Finances

Les enfants victimes du séisme

“La priorité est à la hadhana”

“Il n’y a pas d’enfants abandonnés”, affirme-t-on au ministère de la solidarité et à la direction des affaires sociales de Boumerdès.
Pourtant, des enfants ayant perdu leurs familles et dont les proches ne se sont pas manifestés sont aujourd’hui sous les tentes avec les voisins ou chez des familles avec lesquelles ils n’ont aucun lien de parenté. “Après le malheureux sinistre qui a frappé notre pays, je voudrais tellement adopter un petit enfant orphelin. Je promets de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour lui apporter l’équilibre familial dont il a besoin. Je laisse mes coordonnées et je reste à votre disposition pour toute information. Veuillez me contacter au…” Des dizaines et des dizaines d’appels téléphoniques, aussi bien de l’intérieur du pays que de l’étranger, font exploser quotidiennement les standards des cellules de crise des wilayas d’Alger et de Boumerdès depuis les premières heures ayant suivi le tremblement de terre du 21 mai dernier.
Des appels témoignant de l’élan de solidarité spontané qui caractérise la société algérienne. Et pourtant, il est encore prématuré de parler d’adoption dans un cas pareil, car la primauté en matière de prise en charge des enfants orphelins (adoption) est accordée aux parents et aux proches des enfants dans le cadre de la hadhana, affirme M. Derbèche, directeur de l’Action sociale de la wilaya de Boumerdès. “On ne peut pas parler d’enfants abandonnés, car il faut se dire que les enfants orphelins des suites du tremblement de terre sont des enfants légitimes et, par conséquence, ils ont des familles.”
M. Derbèche estime, toutefois, qu’il est trop tôt de se prononcer sur le nombre d’enfants orphelins et qui n’ont pas de familles ou de proches. “Il est trop tôt de parler d’adoption. À l’heure actuelle, nous sommes en train de recenser les enfants orphelins. Et puis, la priorité est accordée aux proches, dans le cadre de la hadhana. Il ne faut pas oublier que tous ces enfants ont une identité et on ne doit pas les éloigner de leur cadre familial”, assure-t-il.
Selon notre interlocuteur, aucun cas d’enfant abandonné n’a été recensé jusqu'à présent et la DAS de Boumerdès prendra le temps qu’il faut pour que les enfants restent au sein de leur famille. “Dès les premières heures de la catastrophe, les familles se sont spontanément mobilisées pour prendre en charge les enfants de leurs proches. Les enfants sont traumatisés et nous ne voulons pas aggraver leur cas en les arrachant à leur famille. Nous privilégions la hadhana, et s’il reste des enfants sans famille, le ministère de la solidarité est là pour les prendre en charge. Ce n’est qu’à ce moment-là que la kafala entrera en vigueur”, affirme Mme Belbel du ministère de la solidarité.
Au moment où le ministère de tutelle affirme qu’il n y aurait aucun enfant abandonné, on apprend que les DAS seraient sur le point d’installer des cellules en collaboration avec d’autres administrations afin d’étudier les cas des couples désirant adopter les orphelins du 21 mai dernier. 
A rappeler qu’à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, le ministère des Affaires religieuses et des Waqfs avait lancé un appel à la société algérienne pour l’adoption (la kafala) des enfants orphelins à la suite du sinistre du 21 mai.
Ceci permettra d’éviter que des enfants, qui ne sont pas pris en charge par leurs proches, se retrouvent dans les centres spécialisés de la DAS.

W. L.