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Économie / Grand Angle

Hassen Khelifati, P-DG d’Alliance Assurances

“La Bourse d’Alger manque terriblement de profondeur”

© D.R.

Le patron d’Alliance Assurances trouve qu’il est anormal que le cours du titre ne reflète pas la réalité économique et financière de sa société.

La Bourse d’Alger reste embryonnaire et manque terriblement de profondeur, avec seulement 5 titres cotés sur le marché principal et un seul sur le compartiment PME, constate, amèrement, le P-DG d’Alliance assurances, M. Hassen Khelifati, la première entreprise privée cotée en bourse. M. Khelifati soulève la problématique de l’insuffisanse de fréquence d’introduction de titres. Il parle d’une introduction tous les 4 à 5 années, au moment où au niveau de certaines bourses, “pas lointaines”, on introduit un titre chaque mois.
M. Khelifati affirme qu’il n’a pas cessé d’alerter, depuis 10 ans, sur la situation de stagnation de la Bourse d’Alger. Mais ses alertes ne semblent pas trouver d’oreilles attentives. Le patron d’Alliances Assurances trouve, surtout, anormal que le cours du titre ne reflète pas la réalité économique et financière de la société qui ne cesse de s’améliorer. “Le titre Alliance Assurances est le plus rémunérateur. Pourtant chaque année, au lieu de s’apprécier, il se déprécie, non pas à cause des fondamentaux de gestion de la compagnie mais en raison de l’absence de l’animation boursière de la part des autres acteurs et la perte irréversible de confiance de la part des petits porteurs dans le fonctionnement de notre bourse”, regrette M. Khelifati. Plus Alliance Assurances distribue des dividendes, plus son titre baisse. “C’est une spécificité algérienne qu’il faudra bien faire enseigner dans des écoles des finances”, ironise M. Khelifati. La société d’Assurances privée subit ainsi tous les inconvénients d’une entrée en bourse, sans en avoir les avantages. “Sur le plan image, nous subissons les contrecoups du dysfonctionnement de la bourse et nous portons seuls la charge de faire face aux différents protagonistes notamment les petits porteurs mécontents et qui ne trouvent aucune réponse sur le marché secondaire et de leurs vis-à-vis au niveau des agences bancaires”, se désole M. Khelifati, évoquant “les promesses sans lendemain des différents gouvernements”  concernant la réforme du secteur financier et la relance de la bourse. “Nous espérons que le nouveau gouvernement prendra en charge ce volet et qu’il y aurait des réformes sérieuses et profondes”, indique M. Khelifati. Faute de quoi, à moyen terme, Alliance Assurances peut envisager “sérieusement une option de retrait et de revenir à un fonctionnement classique en attendant des jours meilleurs et des conditions sérieuses d’un fonctionnement normal et l’engagement de tous les acteurs”. Pour le patron d’Alliance Assurances, “les IOB ne s’engagent pas financièrement dans l’animation boursière et que les procédures d’animation, souvent archaïques chez certains acteurs, ne permettent pas d’établir la confiance et le retour des petits porteurs”. Le P-DG d’Alliance Assurances insiste sur la réforme financière dans sa globalité et la bourse en particulier. “C’est la mère de toutes les réformes”, soutient-il. M. Khelifati pense qu’un engagement des pouvoirs publics serait “salutaire”, car il permettrait de susciter la confiance des opérateurs économiques et des investisseurs potentiels. L’introduction en bourse de certaines entreprises publiques, de banques et de compagnies d’assurances pourrait “constituer un portefeuille intéressant”. Le patron d’Alliances Assurances propose, aussi, de permettre aux non-résidents d’investir en bourse. Il faut, également, encourager les managers des banques publiques à s’engager financièrement pour l’animation des titres. M. Khelifati insiste surtout sur la volonté politique qui semble avoir fait défaut ces dernières années. 
 

Meziane Rabhi


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