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Économie / Grand Angle

Marché boursier

Peu de progrès réalisés en 23 ans

© D.R.

En ces temps de tensions financières que traverse le pays, la Bourse d’Alger aurait pu contribuer à capter l’épargne et à décharger l’État de certains financements.

En plus de vingt ans, le nombre d’entreprises cotées à la Bourse d’Alger n’a pas beaucoup évolué, se limitant à cinq cotations seulement. Il s’agit d’Alliance Assurances, de Biopharm, d’El-Aurassi, de Saidal et de NCA Rouiba. La capitalisation n’a pas non plus généreusement évolué malgré l’introduction de certains poids lourds du secteur privé, à savoir Alliance Assurances, Biopharm et NCA Rouiba. En 23 ans, le mouvement n’a pas été spectaculaire, ce qui fait que le marché algérien des actions reste des plus faibles au monde, ne suscitant ainsi guère l’intérêt des investisseurs et des épargnants. À défaut de pouvoir capter de nouvelles entreprises, la Bourse d’Alger risque d’en perdre, puisque, à en croire des patrons de certaines sociétés cotées, leurs titres, figés et peu liquides, ne reflètent aucunement la valeur de leurs entreprises. Autrement, leur cotation à la Bourse d’Alger n’a pas été suivie d’un quelconque retour sur investissement et qu’il était probablement temps d’envisager une autre perspective. Cette atonie chronique du marché n’est en rien liée à la crise financière que traverse le pays. Mais elle aurait pu tirer profit de cette crise en s’imposant en belle alternative au financement budgétaire et bancaire. En ces temps de ces tensions financières que traverse le pays, la Bourse d’Alger aurait pu contribuer à capter l’épargne et à décharger l’État de certains financements. L’introduction en Bourse de certaines grandes entreprises permettrait à la fois de ressusciter l’intérêt des épargnants pour la Bourse et, par-là même, d’alléger le fardeau financier que font peser ces entreprises sur le Trésor. En termes plus clairs, le Bourse aurait pu participer à réduire l’ampleur du déficit budgétaire à travers l’ouverture du capital de certains groupes publics, dont la contribution budgétaire de l’État devient de plus en plus problématique. Plus globalement, le développement des marchés des capitaux aurait pu servir à financer les déficits budgétaires en émettant des bons du Trésor. Or le dernier emprunt obligataire lancé par l’État, et dont le remboursement n’était possible que grâce à l’apport de la planche à billets, n’était pas passé par la Bourse d’Alger alors qu’il aurait pu dynamiser un marché en souffrance depuis 1997. Pour ainsi dire, peu de progrès ont été réalisés en matière de développement des marchés de capitaux, en témoigne la valeur des émissions, alors que, au-delà des facteurs exogènes qui ont aidé cette léthargie, il serait nécessaire que la politique d’émission du marché soit revue afin de promouvoir la liquidité. Les progrès du marché boursier sont tous aussi limités, à l’instar de ceux réalisés sur le marché des obligations. En témoigne le nombre d’entreprises cotées à la Bourse d’Alger et la valeur de capitalisation, à l’heure où de nombreuses entreprises choisissent de mourir de leur belle mort, faute de financements, que d’emprunter le chemin de la Bourse. Pis encore, deux des cinq entreprises cotées ont à maintes reprises menacé de quitter la Bourse, pénalisées par des titres peu liquides et peu valorisés, alors que l’état du marché secondaire inhibe la moindre volonté de changement. Des programmes de formation du personnel ont été mis en place, de nouvelles règles ont été adoptées pour les opérations boursières, les systèmes informatiques ont été modernisés… des progrès limités qui n’ont pas permis à la Bourse d’Alger de sortir de sa léthargie. La volonté politique fait défaut, comme ce fut le cas pour la modernisation du système bancaire. 
 

Ali Titouche


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