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A la une / International

Violation des droits humains des réfugiés et des migrants en Libye

Amnesty International : “Les pays européens sont complices”

Des réfugiés africains dans un centre de détention libyen. ©D. R.

Les politiques de l’Union européenne en termes de gestion de la crise migratoire est catastrophique ont déjà accusé plusieurs ONG internationales et même l’ONU.

Le constat est sans appel. Les pays européens sont coupables, en bonne partie, du drame des migrants et réfugiés qui passent par la Libye, en partance pour l’Europe. C’est ce qu’a conclu le rapport de l’ONG Amnesty International, publié hier. “Des centaines de milliers de réfugiés et de migrants pris au piège en Libye sont à la merci des autorités, des milices, des groupes armés et des passeurs, qui travaillent souvent en bonne entente par appât du gain. Des dizaines de milliers d'entre eux sont maintenus en détention pour une durée indéterminée dans des centres surpeuplés, où ils sont soumis à des violations systématiques de leurs droits, a déclaré John Dalhuisen, directeur pour l'Europe à Amnesty International, lit-on sur le site de l’ONG. “Les gouvernements européens ne sont pas seulement conscients de ces abus ; en apportant un soutien actif aux autorités libyennes pour stopper les traversées et bloquer les migrants en Libye, ils se rendent complices de ces crimes”, a-t-il accusé, dénonçant cette politique répressive à laquelle les membres de l’UE ont eu recours pour endiguer un phénomène qui a pris de proportions plus qu’alarmantes, avec la multiplication des conflits armés, de la répression des militants de l’opposition dans de nombreux pays et les difficiles conditions socioéconomiques. “Depuis fin 2016, les États membres de l'UE ­— notamment l'Italie — ont mis en œuvre une série de mesures visant à fermer la route migratoire via la Libye et la Méditerranée centrale, sans se soucier des conséquences pour les personnes bloquées” dans ce pays livré au chaos depuis l’intervention de l’OTAN ayant abouti à la chute de l’ancien régime de Mouammar Kadhafi, tué fin 2011. “Ils doivent repenser leur coopération avec la Libye sur les questions migratoires et permettre aux migrants de gagner l'Europe par des voies légales, notamment via la réinstallation de dizaines de milliers de réfugiés. Ils doivent insister auprès des autorités libyennes pour qu’elles mettent fin aux politiques et pratiques d'arrestation et de détention arbitraires des réfugiés et des migrants, libèrent immédiatement tous les étrangers enfermés dans les centres de détention et permettent au HCR d’agir librement”, a-t-il dit. Ils “doivent insister pour que les autorités libyennes mettent fin (...) aux arrestations arbitraires et à la détention de réfugiés et de migrants”, a ajouté M. Dalhuisen, dont l’ONG a également dénoncé récemment le plan de l’UE (Union européenne)/UA (Union africaine) qui privilégie les renvois de migrants dans leur pays d’origine que leur réinstallation dans des pays sûrs en attendant l’étude de leurs cas. “Le plan qui accorde nettement la priorité au retour "volontaire" des personnes aujourd'hui bloquées en Libye vers leur pays d'origine, sans un véritable système permettant d'évaluer et de prendre en compte les besoins en termes d'asile ou d'offrir un plus grand nombre de places de réinstallation, va se résumer à un mécanisme d’expulsion massive, paré d'un vernis humanitaire”, avait dénoncé AI. “En apportant leur soutien aux autorités libyennes qui bloquent les réfugiés et les migrants en Libye, sans leur demander de remédier aux violations endémiques dont ils sont victimes, ni même de reconnaître l’existence des réfugiés, les gouvernements européens dévoilent leur vraie priorité : la fermeture de la route de la Méditerranée centrale, en faisant peu de cas des souffrances causées”, a déclaré John Dalhuisen.

Lyès Menacer


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