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A la une / International

Après une semaine de contestation sociale en Tunisie

Aucune issue politique à l’horizon

Rencontre des représentants des partis politiques et organisations patronales et syndicales signataires du document de Carthage. © D. R.

Une première réunion a déjà eu lieu la semaine dernière entre le président tunisien et les signataires du document de Carthage. Mais les deux parties n’ont abouti à aucun accord pour sortir de la crise sociale qui secoue le pays depuis six ans.

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a rencontré hier, à sa demande, les représentants des partis politiques et des organisations patronales et syndicales signataires du document de Carthage, dans l’espoir de les convaincre de la nécessité des mesures prises dans le cadre de la loi de finances 2018, après une semaine de violentes manifestations sociales à travers les villes du pays. Mais aucune décision concrète n’a été prise, selon certains participants à cette réunion qui a duré plus de deux heures. “Nous avons parlé de la situation générale du pays et des réformes surtout socioéconomiques qui doivent être prises pour dépasser les problèmes actuels”, a indiqué à la presse la présidente de l'Utica, Wided Bouchamaoui. “Il y a eu des propositions pour sortir de cette tension mais pas pour faire tomber la loi de finances” de 2018, a déploré Rached Ghannouchi, chef d'Ennahdha, allié de Nidaa Tounès, le parti au pouvoir. Cette réunion a coïncidé aussi avec la célébration, dans un climat de désillusion, du 7e anniversaire de la “révolution de jasmin”, à l’origine de la chute de l’ancien président Zine El-Abidine Ben Ali.
Hier, de nouveaux rassemblements ont été organisés en Tunisie, dont le plus important est celui qui a réuni des centaines de personnes dans la capitale Tunis, à l’appel du mouvement “Manich Msameh (je ne pardonne pas)”, pour dénoncer la hausse des prix des produits de base, des carburants et des taxes. Sur les réseaux sociaux, les Tunisiens sont unanimes aussi à dénoncer la politique du gouvernement de Youcef Chahed, dont les réformes ont du mal à passer, car qualifiée d’injuste et d’inéquitable par les citoyens et nombreux acteurs politiques et syndicaux.
D’ailleurs, l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens), puissante centrale syndicale et signataire du document de Carthage, exige du gouvernement l’application de ce qu’elle qualifie de “justice fiscale”. Dans ce pays voisin, 80% des recettes fiscales proviennent, selon des chiffres officiels, des retenues prélevées à la source des salaires des fonctionnaires et des ouvriers, lit-on sur la presse locale. “Nous revendiquons encore l’instauration d’une justice fiscale entre les différentes catégories sociales en Tunisie”, a réclamé Samir Cheffi, secrétaire général adjoint de l’UGTT, lors de son passage sur Nessma TV. “Les standards internationaux considèrent que si l’économie informelle a dépassé 20% du PIB, cela veut dire qu’il s’agit d’un indice alarmant, voire que l’économie informelle est protégée par le pouvoir en place”, a-t-il accusé, lit-on sur L’économiste maghrébin. Acculé par l’ampleur de la crise, mais également par la gravité de manifestations qui peuvent reprendre à n’importe quel moment, le gouvernement tunisien tente de trouver des boucs émissaires, en s’en prenant même aux leaders politiques de l’opposition et aux militants issus de la société civile, afin de calmer le feu de la contestation. Dans son discours hier au Palais de Carthage, M. Essebsi s’en est aussi pris à la presse étrangère qu’il accuse d’amplifier les événements en cours en Tunisie, estimant que cela n’affectera toutefois en rien le pays. Mais entre le discours et la réalité du terrain, le fossé semble se creuser de jour en jour, même si le calme est revenu durant le week-end.
Car les Tunisiens, déterminés à poursuivre leur bataille contre l’injustice et le retour quasi évident des pratiques dictatoriales de l’ancien régime de Ben Ali, ne comptent pas rester les bras croisés devant la propagation du chômage et du malaise social, notamment dans les villes reculées dans le sud du pays. Hier, pour mettre fin à la spéculation, le ministère tunisien du Commerce a publié la liste des produits subventionnés par l’État sur sa page facebook.


Lyès Menacer


 


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