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Pour contrer la violence dans le centre du pays

Bamako mobilise ses troupes

Soumeylou Boubeye Maïga, Premier ministre malien. © D.R.

Selon les rapports de l’ONU et des ONG, plus de 500 civils ont péri dans le centre du Mali depuis janvier, en raison des violences intercommunautaires impliquant les Peuls, les Dogon, les Bambaras et parfois les Touareg.

Les autorités maliennes se sont enfin décidées à réagir aux violences armées dans le centre du Mali, notamment dans la région de Mopti, où plusieurs dizaines de personnes ont été tuées depuis le début de l’année 2018, dans des violences intercommunautaires ou des attaques terroristes islamistes. En effet, Bamako a annoncé hier, via la voix de son Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga, le renforcement de sa présence militaire dans le centre du Mali, et un programme de désarmement des milices d'autodéfense communautaires et des éléments terroristes va y être lancé aujourd’hui, ont rapporté l’AFP et les médias locaux. Selon les experts, Bamako doit tirer profit de l'élimination le mois dernier du chef terroriste Amadou Koufa pour reprendre pied dans cette région s'étendant jusqu'à la frontière avec le Burkina Faso, où plus de 500 civils ont été tués dans des affrontements intercommunautaires en 2018, selon l'ONU. “Nous allons renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité dans la région afin qu'elles puissent notamment intervenir sur les cours d'eau”, a déclaré, samedi sur Twitter, M. Maïga, sans donner de détails sur le nombre d'hommes ou le calendrier de leur déploiement. Le chef du gouvernement, reconduit à son poste après la réélection en août dernier du président Ibrahim Boubacar Keïta, a effectué vendredi et samedi sa première visite à Mopti, la capitale régionale, depuis l'annonce par Bamako et Paris de la mort d'Amadou Koufa, prédicateur peul à la tête d'un groupe lié à Al-Qaïda, dans une opération menée les 22-23 novembre par les troupes françaises de Barkhane. “Avec l'ensemble des communautés, nous avons convenu du lancement du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion dans la région de Mopti. Il débutera dès ce lundi 24 décembre 2018”, a ajouté M. Maïga, en soulignant que son gouvernement “ne combat aucune communauté mais qu'il se bat contre l'insécurité”. Depuis l'apparition, il y a quatre ans dans le centre, du groupe d'Amadou Koufa, les violences se multiplient entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture. Les Peuls sont soupçonnés par les Bambaras et les Dogons d'être complices des terroristes, tandis que les Peuls reprochent à l'armée de laisser faire, voire d'encourager les actions des groupes de chasseurs traditionnels. Des Peuls ont manifesté plusieurs fois leur colère contre les autorités maliennes, suite aux exécutions de dizaines de jeunes appartenant à cette communauté, y compris par des soldats des Forces armées maliennes (FAMA). Bamako a promis d’ailleurs d’ouvrir des enquêtes contre ces présumés crimes qui n’ont toujours pas abouti. Le retard pris dans la mise en œuvre de l’accord de paix de 2015, issu du processus d’Alger, constitue l’une des raisons de la persistance de l’instabilité dans le centre et le nord du Mali. Cela a permis aux groupes terroristes de se redéployer et d’en faire une base arrière pour lancer leurs attaques qui se sont étendues jusqu’aux pays de l’Afrique de l’Ouest. S’y ajoute une situation socioéconomique difficile dans une région qui vit actuellement de la contrebande et du trafic de drogue, d’armes et de migrants.


L. M./Agences

 



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