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A la une / International

Dans un discours éludant la question du Rif à Al Hoceima

Contestation sociale au Maroc : Mohammed VI crie au complot

Mohammed VI (au centre), roi du Maroc. © D.R.

Les Rifains et l’ensemble de l’opinion publique marocaine, ainsi qu’une partie de la presse attendaient que Mohammed VI annonce une amnistie en faveur des détenus rifains. Ce ne fut pas le cas.

À défaut d’apporter une solution concrète à la contestation sociale dans le Rif, qui dure depuis presque deux ans, le roi du Maroc, Mohammed VI, a préféré mettre la responsabilité de ce qui se passe sur le dos de forces invisibles qu’il accuse de chercher à déstabiliser le pays, sur l’échec des partis politiques à écouter les pulsions de la société et de l’administration. Dans son discours à l’occasion du 19e anniversaire de son accession au trône, Al Hoceima, foyer de la contestation sociale rifaine, Mohammed VI a joué sur la fibre patriotique en affirmant que “le patriotisme, quand il est authentique, s’évertue à renforcer l’unité et la solidarité, particulièrement dans les moments difficiles”, accusant indirectement le Rifains de chercher à diviser le pays, un argument largement usité par la presse proche du Palais au début des manifestations à Al Hoceima. Les leaders du Hirak du Rif sont d’ailleurs condamnés à de lourdes peines de prison pour “atteinte à la sûreté de l’État”. Et d’ajouter : “Je suis persuadé qu’ils ne permettront pas aux négativistes, aux nihilistes et autres marchands d’illusions d’user du prétexte de certains dysfonctionnements pour attenter à la sécurité et à la stabilité du Maroc ou pour déprécier ses acquis et ses réalisations.” Adoptant un discours semblable à ses pairs arabes et africains, le roi du Maroc joue aussi sur le chantage à la sécurité, en affirmant qu’“en définitive, les Marocains ont conscience que c’est la nation, aussi bien que les citoyens, qui paient toujours le plus lourd tribut au chaos et à la discorde”. Or les manifestations sociales qui ont lieu au Maroc depuis plusieurs mois sont d’abord l’expression d’un ras-le-bol social d’une partie de la population qui se dit marginalisée par l’administration locale et un gouvernement sourd à ses cris de détresse, comme cela est le cas dans le Rif ou dans la ville minière de Jerada. Mais le roi a un coupable idéal pour fuir ses responsabilités, tout en prenant le soin d’éviter toute référence au Rif, en endossant la responsabilité de ce qui se passe aux partis politiques et aux gouvernements successifs. “Il est vrai que les partis s’efforcent de s’acquitter au mieux de leur tâche. Néanmoins, il leur faudra attirer de nouvelles élites et inciter les jeunes à s’engager dans l’action politique, les générations d’aujourd’hui étant les mieux placées pour connaître les problèmes et les nécessités de leur époque”, a-t-il tranché, ajoutant qu’“il est attendu des différentes instances politiques et partisanes qu’elles se montrent réceptives aux doléances des citoyens, qu’elles interagissent sans délai avec les événements et les évolutions de la société, voire qu’elles anticipent leur émergence, et non qu’elles les laissent prendre parfois inopportunément des tours inquiétants, donnant ainsi l’impression qu’elles ne sont nullement concernées par ce qui arrive”.


Lyès Menacer

 


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