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Les autorités annoncent l’arrestation de militaires soupçonnés de “déstabilisation”

Coup d’État avorté au Burkina

Le lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana, soupçonné d’être le chef de file des putschistes. © D.R

Les observateurs redoutaient une contagion du cas malien, alors que la série d’attaques contre les civils ont fait monter la pression contre le Président. Un climat qui a donné aux militaires l’impression d’être les seuls à pouvoir venir au secours du pays.

Le parquet militaire du Burkina Faso a indiqué hier, dans un communiqué repris par les médias locaux, l’arrestation de huit soldats soupçonnés de fomenter un coup d’État. Le communiqué du parquet militaire évoque des soupçons de “déstabilisation des institutions de la République”, ajoutant qu’une enquête a été ouverte par la police judiciaire militaire le 8 janvier. 

Les suspects ont d’ores et déjà été interrogés, notamment le lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana, soupçonné d’être le chef de file des putschistes. Même si le procureur militaire n’a pas communiqué les noms des soldats arrêtés, plusieurs sources sécuritaires évoquent le rôle du lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana. Chef de corps du 12e régiment d’infanterie commando, Emmanuel Zoungrana, 41 ans, est aussi écrivain et auteur de plusieurs romans, selon les médias. Il commence son parcours à l’école militaire de Kadiogo en 1993. En 2000, titulaire d’un baccalauréat option philosophie, il rejoint l’école des officiers cadets du Togo, dont il sort lieutenant en 2003. Puis il s’oriente vers la formation commando.

Il suit plusieurs stages au Maroc et en France, et finit par diriger le 25e régiment parachutiste commando. Un parcours exemplaire donc, jusqu’à la tragédie d’Inata, qui lui aurait coûté son poste en décembre 2021. En effet, la tragédie d’Inata, le 14 novembre dernier, avait mis à nu de graves dysfonctionnements au sein des forces armées, au point que certains, par calculs politiques, n’hésitaient pas à demander à l’armée de prendre ses responsabilités pendant que d’autres acteurs de la société civile appelaient ouvertement au départ du chef de l’État, qu’ils accusaient à tort ou à raison d’impéritie. L’appel aux militaires a été entendu lors des manifestations populaires. 

D’après le procureur militaire, c’est suite à une dénonciation que le lieutenant-colonel Zoungrana et sept autres soldats ont été arrêtés. La police militaire les a déjà interrogés. Dans son communiqué le parquet affirme qu’”à l’issue de cette étape, une suite sera donnée à cette procédure, conformément au respect de la présomption d’innocence et au droit de la défense”, lit-on dans le document repris par RFI.

Selon les médias locaux, huit militaires ont été interpellés et auditionnés. “Le cerveau de cette bande, qui projetait de déstabiliser les institutions de la République, serait un lieutenant-colonel répondant au nom d’Emmanuel Zoungrana, ex-chef de corps du 12e régiment d’infanterie commando et commandant du secteur Ouest du groupement des forces de sécurisation du Nord. (…) Il fomentait (donc) un coup d’État contre le régime du président Roch Marc Christian Kaboré. Bien des observateurs le redoutaient, et ce, depuis le drame d’Inata.” 

 


RI /Agences


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