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A LA UNE / International

Nouvel attentat-suicide commis par une autre famille en Indonésie

Daech menace l’Asie du Sud-Est

La police sur les lieux d'une attaque contre une église, à Surabaya. ©D. R.

La multiplication des attentats terroristes dans la deuxième ville d’Indonésie, Surabaya, fait craindre une influence accrue du groupe terroriste autoproclamé État islamique dans toute l’Asie du Sud-Est.

Au lendemain des attaques perpétrées, dimanche, par 6 membres d’une même famille contre 3 églises, et dont le bilan s’élevait à 14 morts, la ville de Surabaya a été le théâtre, hier, d’un attentat-suicide, qui a visé, cette fois-ci, un commissariat de police. Selon les autorités indonésiennes, c’est une famille de 5 personnes incluant une fillette de 8 ans, qui en est à l’origine. “La fillette de 8 ans a survécu”, a déclaré Frans Barung Mangera, porte-parole de la police de la province de Java Oriental. “Il y avait 5 personnes sur 2 motocyclettes. L’une d’elles était un petit enfant. Il s’agit d’une famille”, a indiqué le directeur de la police nationale, Tito Karnavian. Ce dernier n’a pas exclu que les attaques à Surabaya, dimanche et lundi, pourraient avoir été déclenchées par l’arrestation de leaders du JAD et être liées aux affrontements mortels provoqués par des militants islamistes dans une prison de haute sécurité de la banlieue de Jakarta, la semaine dernière. D’ailleurs, la mère, le père, les deux filles de 9 et 12 ans et les deux fils de 16 et 18 ans, auteurs des attaques de dimanche, étaient liés au mouvement extrémiste islamiste indonésien Jamaah Ansharut Daulah (JAD), qui soutient l’EI, selon la police. Le père, Dita Priyanto, était le leader de la cellule locale du mouvement JAD. “Celui-ci a donné des instructions à la cellule pour qu’elle agisse”, a affirmé Tito Karnavian, à des journalistes. Il est à craindre que cette série d’attentats soit le résultat d’une influence accrue du groupe terroriste autoproclamé État islamique en Asie du Sud-Est. Daech a revendiqué des attaques dans la région ces derniers temps. Rappelons que l’Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, avait été précipitée dans sa propre guerre contre le terrorisme par les attentats de Bali en 2002, qui avaient fait 202 morts, parmi lesquels de nombreux étrangers. Les autorités avaient alors lancé une offensive majeure contre les extrémistes islamistes et affaibli ainsi les réseaux les plus dangereux. Mais l’EI est parvenu ces derniers temps à mobiliser à nouveau la frange extrémiste indonésienne. C’est ainsi qu’en janvier 2016, des attentats-suicides et attaques armées à Jakarta avaient coûté la vie à 4 civils, et les 4 assaillants avaient été tués. Le groupe terroriste autoproclamé État islamique en avait revendiqué la paternité. Aman Abdurrahman, leader spirituel de JAD, en prison depuis des années pour des attaques terroristes, devait être libéré en août 2017, avant d’être maintenu en détention pour son implication présumée dans les attaques à Jakarta en 2016. La coordination des attaques de dimanche et d’hier fait ressortir une planification plus sophistiquée que par le passé, observent des analystes. “Il y a sans doute un accroissement des compétences techniques”, a déclaré à l’agence AFP Zachary Abuze, expert en sécurité de l'Asie du Sud-Est. “Perpétrer 3 attaques quasi simultanément est une marque de fabrique d’un groupe qui planifie”, a-t-il fait remarquer. D’après les autorités indonésiennes, des membres de la famille qui a commis les attaques contre les églises seraient récemment revenus de Syrie, où des centaines d’Indonésiens se sont rendus ces dernières années pour combattre dans les rangs de Daech.

Merzak Tigrine


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