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Selon un rapport confidentiel des experts de l’ONU

De hauts responsables maliens bloquent l’accord d’Alger

Le général Keba Sangaré, ancien chef d’état-major de l’armée de terre malienne (2019-20). © D.R

Depuis le début du processus de mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation, il y a cinq ans, les autorités maliennes ont toujours été pointées du doigt au sujet de leur manque de volonté politique concernant ce dossier.

De hauts responsables maliens, appartenant à l’armée et aux services de renseignements, font tout pour “compromettre” la mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation, issu du processus d’Alger, a indiqué un rapport d’experts qui vient d’être remis au Conseil de sécurité de l’ONU et qui n’est pas encore rendu public, alors que le pays est en proie à une double crise politique et sécuritaire depuis 2012. Dans ce document, dont l’AFP affirme avoir obtenu hier une copie, ses rédacteurs mettent en cause entre autres l’ancien chef d’état-major de l’armée de terre (2019-2020) le général Keba Sangaré, accusé de “prises de décision douteuses” lors du redéploiement programmé d’éléments de l’armée malienne dans le nord du pays fin 2019.

Le processus de redéploiement de l’armée malienne traîne toujours les pieds, et les nouvelles donnes politiques à Bamako, avec la contestation du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), ne sont pas pour préoccuper le gouvernement sur ce dossier en ce moment. M. Sangaré aurait fait exprès de retarder ce redéploiement des forces armées maliennes dans le nord du pays, sous forme de bataillons mixtes qui intègrent des éléments de l’ancienne rébellion, comme cela est mentionné dans l’accord signé par le gouvernement malien et l’ex-rébellion (Coordination des mouvements de l’Azawad – CMA).

Certains de ces bataillons mixtes ont fini leur entraînement officiel le 2 septembre 2019, dit le rapport onusien, mais ont reçu leur lieu d’affection par l’état-major “seulement en décembre”, retard “largement” imputable à une décision de M. Sangaré, selon les experts. Entre-temps, la plupart des soldats (pour la majorité originaires du nord du Mali, sans famille à Bamako, selon l’ONU) “n’ont pas reçu de moyens de transport pour retourner dans leur région d’origine”. Mais 20 d’entre eux, voyageant dans un bus public, ont été enlevés par des hommes armés sur la route entre Bamako et Gao début septembre.

Ils restaient fin août “disparus”, disent les experts de l’ONU, rapporte encore l’AFP, soulignant que les responsables maliens, qui ont “menacé et retardé” l’application de l’accord, devraient, selon les experts, être “tenus responsables” par le Comité de sanctions de l’ONU, qui doit se réunir prochainement. Les experts pointent également du doigt les services de renseignements maliens, devenus, selon eux, “vecteurs” d’une “stratégie non officielle (des autorités) visant à entraver la mise en œuvre de l’Accord”.

Selon le rapport, la Direction générale de la sécurité d’État (DGSE) “a incité, encouragé et facilité la fragmentation de la Coordination des mouvements de l’Azawad”, la principale alliance signataire de l’accord de paix de groupes armés ex-rebelles, en “finançant” des “individus-clés qui ont créé des groupes dissidents” du MNLA, groupe armé membre de la CMA, en 2016. 

De plus, la DGSE a “alimenté les divisions internes” au sein de la Plateforme, l’autre alliance de groupes armés signataire de l’accord de paix, dit le rapport. Le général Moussa Diawara, à la tête de la DGSE, est ciblé par les experts comme étant “personnellement intervenu” dans un détournement lié au processus d’attribution des quotas d’intégration d’anciens combattants ex-rebelles dans l’armée.

 


Lyès Menacer/AFP


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