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Bénin

Des élections législatives sans l’opposition

Manifestations des partis de l'opposition contre leur exclusion des élections législatives. © D. R. 

Le fait que l’opposition n’a pu présenter de candidat à ce scrutin inquiète les observateurs des droits de l’homme et l’Union européenne. 

Réputé pour être un exemple démocratique en Afrique de l’Ouest ces dernières années, le Bénin organise aujourd’hui des élections législatives en l’absence des candidats de l’opposition. Il ne s’agit pas d’un boycott de la part de ces derniers, mais ils n’ont pas pu déposer leurs dossiers de candidature. Le nouveau code électoral voté par le Parlement béninois à la fin de l’année 2018 et qui vise à assainir la multitude de partis enregistrés est la cause directe de cette situation. Ainsi, les partis devaient notamment avoir des représentations sur l’ensemble du territoire, éliminant de fait les plus petits d’entre eux et les forçant aux alliances. Les grands partis de l’opposition, eux, n’ont pas réussi à présenter à temps tous les documents rendus obligatoires par la nouvelle loi. Ceci étant, le nombre de partis politique au Bénin avoisine les 250 pour un pays de 12 millions d’habitants et 5 millions d’électeurs enregistrés. Un communiqué de l’Organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme, Amnesty International souligne que “la vague d’arrestations arbitraires de militant(e)s politiques et de journalistes et la répression des manifestations pacifiques ont atteint un niveau alarmant au Bénin”.

Depuis le mois de février, tout mouvement social ou manifestation de l’opposition ont été interdits et dispersés par des gaz lacrymogènes. Plusieurs opposants et journalistes ont été arrêtés puis relâchés, ou convoqués au commissariat pour des faits parfois non révélés. Amnesty a mis en garde vendredi qu’“interdire les manifestations pacifiques et arrêter les personnes qui dénoncent l’exclusion des partis d’opposition ne fera qu’accroître l’agitation politique”. François Patuel, chercheur sur l'Afrique de l’Ouest, a indiqué à cette ONG que “ces événements font suite à la décision de la Commission électorale d’autoriser seulement deux partis politiques, appartenant au camp présidentiel, à présenter des candidats aux élections et d’exclure toutes les listes d’opposition”. Mais, c’est l’Union européenne, qui est la plus “embarrassée” dans cette histoire. Ne faisant aucun commentaire, l’UE avait tout de même décidé de suspendre sa délégation d’observateurs la semaine dernière pour signifier qu’elle ne se “prêterait pas au jeu”. “L’objectif des réformes n’a jamais été d’empêcher les gens d’aller à l’élection.

Les listes sont tombées d’elles-mêmes”, explique le conseiller en communication de la Présidence béninoise, Wilfried Houngbedji. Tout le monde s’attendait que, dans ces conditions, le président reporte le scrutin, le temps pour l’opposition de se mettre à jour. Plusieurs organisations civiles locales ont retiré leurs observateurs pour dénoncer la légitimité de cette élection. À noter qu’un policier a été abattu vendredi devant son domicile d’Azowlissé, à quelques kilomètres de la capitale Porto-Novo, où on redoute des échauffourées. L'enquête est en cours et il est difficile pour l’instant de lier ce meurtre aux élections, mais l'homme était connu pour être membre du cercle politique proche du président Talon.

 

Merzak Tigrine



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