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Ils ont marché hier dans la ville de Karbala

Des policiers irakiens affichent leur soutien aux manifestants

© D. R.

Plusieurs officiers de la police, accompagnés d’une dizaine de leurs collègues policiers de la sûreté de la ville de Karbala, située à 100 km au sud-ouest de Bagdad, ont participé à une manifestation populaire hier contre le pouvoir en place. Les officiers en question, selon des médias locaux, ont rejoint les citoyens dès les premières heures de la matinée en signe de solidarité avec les manifestants, mais aussi pour se démarquer de la répression meurtrière qui s’est abattue sur les protestataires dans plusieurs villes du pays depuis le 1er octobre et qui a déjà fait 318 victimes, selon certaines sources, alors que d’autres évoquent le chiffre de 500 morts.

Le porte-parole du commandant de la police, le colonel Alaa Al-Ghanmi, a déclaré au journaliste de l'agence de presse irakienne nationale (Nina) que “les forces de sécurité, tous corps confondus, sont au cœur de la population. Elles sont censées lutter contre le crime et protéger les citoyens qui sont à l'avant-garde de la revendication des droits légitimes”. Depuis le début de la semaine, les autorités irakiennes ont redoublé de répression violente contre les protestataires.

Le gouvernement a menacé de mettre fin à la contestation en usant de tous les moyens possibles, autrement dit de la violence en premier lieu. Depuis samedi, au moins 16 manifestants ont été tués lors des différentes interventions meurtrières des forces de l’ordre contre les protestataires pacifiques, à Bagdad, à Bassora et à Nasiriya dans le sud du pays. Déterminés, les manifestants n’ont toutefois pas reculé et ont continué à descendre par milliers dans les rues.

Hier, des centaines de manifestants ont organisé des rassemblements dans plusieurs villes du pays, malgré une répression accrue et des intimidations des forces de l’ordre. La communauté internationale s’en est vertement prise cette semaine au gouvernement d’Adel Abdel Mahdi. Plusieurs pays, dont les États-Unis, l’ONU et des organisations de défense des droits de l’Homme (Amnesty International, Human Rights Watch) ont dénoncé ces violences et appelé les autorités irakiennes à cesser immédiatement leur répression contre les manifestants pacifiques.  
 

K. B./ Agences