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A la une / International

massacre de 29 villageois dans le centre du Pays

Des soupçons pèsent sur l’armée malienne

© D.R.

Le ministre de la Défense, Dahirou Dembélé a déclaré ne pouvoir à ce stade “rien confirmer ni infirmer”. “On a l'information, la semaine prochaine on doit envoyer les enquêteurs de l'Inspection générale des Armées pour les investigations”.

Les Forces armées maliennes (FAMAs) sont au cœur d’une nouvelle accusation d’exactions sur des civils dans le centre du Mali, a rapporté hier Radio France internationale (RFI), citant l’association peule Tabital Pulaaku, au lendemain du massacre d’au moins 29 villageois de Binedama, dans la région de Mopti. “Nous demandons à l'armée malienne de se rappeler qu'elle a une mission sacrée, une mission républicaine, qu'elle se doit d'être à égale distance de toutes les composantes de la nation malienne, et que par conséquent, le délit de faciès ne saurait être une base de critère pour une élimination de personnes qui n'ont absolument rien à voir avec ce jihadisme et ce terrorisme”, a déclaré hier l’association Tabital Pulaaku, qui représente la communauté peule au Mali. Des témoins et des sources officielles avaient confirmé samedi que les assaillants étaient venus vendredi dans le village, habillés de tenues militaires. Ils étaient à bord d’une quarantaine de véhicules, selon les rescapés de ce massacre qui ont fui leur domiciles. Les assaillants ont “abattu 26 personnes, dont une femme et des enfants”, a indiqué samedi soir Aly Barry, président de cette association, a rapporté pour sa part l’AFP. Ils étaient “habillés en tenue de l'armée malienne”, a déclaré aussi un élu local, faisant référence aux soldats FAMAs. 

Sollicité par l'AFP, le ministre de la Défense, Dahirou Dembélé a déclaré ne pouvoir à ce stade “rien confirmer ni infirmer”. “On a l'information, la semaine prochaine on doit envoyer les enquêteurs de l'Inspection générale des Armées pour les investigations”, a-t-il indiqué. Cet énième massacre s’ajoute à 101 autres exécutions extrajudiciaires officiellement recensée par la Mission d’appui de l’ONU au Mali (Minusma) entre janvier et mars derniers et dont s’étaient rendu coupables les FAMAs, selon un rapport de cette institution rendu public en avril. Il intervient aussi le jour-même d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’inquiétante multiplication des exécutions extrajudiciaires dans les pays du Sahel. “J'exhorte la Force conjointe du G5 Sahel et ses Etats membres à ne ménager aucun effort” pour respecter les droits humains, avait déclaré le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, lors d'une visioconférence du Conseil de sécurité.

La lutte contre le terrorisme au Mali, tout comme dans les autres pays du Sahel, a donné lieu à une vague d’exécutions extrajudiciaires, à des disparitions forcées de dizaines de personnes, accusées à tort de terrorisme ou de soutien au terrorisme. La communauté peule continue à payer le prix de l’engagement de certains de ses membres dans les rangs du mouvement terroriste Katibat du Maçina, du prédicateur peul Amadou Kouffa. 

Des centaines de jeunes Peuls ont été la cible de meurtres déguisés en attentats terroristes ou sont victimes des groupes d’autodéfense des membres des ethnies Dogon et Bambara, dont les crimes ont donné lieu à des affrontements meurtriers intercommunautaires. Cela a aggravé la crise sécuritaire dans le centre du Mali, où la faible présence de l’Etat malien a créé un vide chèrement payé par les populations isolées.

Lyès Menacer


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