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A la une / International

Malgré les pressions de Madrid et de l’Union européenne

Espagne : la Catalogne proclame son indépendance

Le drapeau catalan, appelé l'Estelada (l'étoilée). ©D. R.

Le Sénat a approuvé la mise sous tutelle de la Catalogne, tandis que le parquet général d’Espagne a indiqué poursuivre le président catalan pour “rébellion”.

Les Catalans ont annoncé, hier, l’indépendance de la Catalogne, vingt-six jours après le référendum d’autodétermination du 1er octobre, qualifié d’illégal par Madrid, où le Sénat espagnol a voté en faveur de la mise sous-tutelle de cette région, en application de l’article 155 de la Constitution. La résolution proclamant l’indépendance de la Catalogne a été voté à 70 voix pour, 10 contre et deux abstentions, sur 135 élus au total, dont une partie a quitté l’hémicycle pour signifier son opposition à cette décision. Les députés du Parlement régional ont ainsi proclamé “la République catalane, comme État indépendant et souverain, de droit, démocratique et social”, une heure seulement après la réponse du Sénat à l’appel du Premier ministre espagnole Manuel Rajoy lui demandant de déclencher l'article 155 de la Constitution, permettant une mise sous tutelle la région, un événement également sans précédent en Espagne depuis que la démocratie a été rétablie en 1977. Parallèlement, devant le siège du Parlement régional, les maires indépendantistes ont annoncé, à leur tour, leur engagement pour la “construction de la République catalane”, ont rapporté les médias locaux. “Les maires s'engagent dans le processus de construction de la République catalane qui vient d'être proclamée”, a indiqué le maire de Badalona qui a été chargé par ses pairs de lire la déclaration en question et dans laquelle il dénonce aussi l’attitude des autorités espagnoles et ce qu’il a qualifié de mépris envers les institutions démocratiquement élues en Catalogne, selon le quotidien local Regio7. Ainsi, en dépit de la multiplication des appels au dialogue, en direction surtout de Madrid, la situation a atteint un point de non-retour qui peut avoir des conséquences, non seulement sur l’avenir de l’Espagne, mais aussi sur l’Europe, dont l’organisation continentale a été récemment amputée d’un membre important, lui aussi menacé de scission : la Grande-Bretagne.
La Grande île vit aussi le spectre d’une indépendance de l’Écosse et de l’Irlande, ce qui explique sa réaction de rejet de l’indépendance de la Catalogne hier après-midi, aux côtés de la France et de l’Allemagne. “Le Royaume-Uni ne reconnait et ne reconnaitra pas la déclaration unilatérale d'indépendance faite par le Parlement régional catalan”, a annoncé un porte-parole du gouvernement. “Le gouvernement allemand voit l'agravation de la situation en Catalogne avec inquiétude. La souverainité et l'intégrité territoriale de l'Espagne sont et restent inviolables”, ainsi le gouvernement “ne reconnaît pas une telle déclaration d'indépendance”, a affirmé sur Twitter Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel. “J'ai un interlocuteur en Espagne, c'est le Premier ministre Rajoy. (...) Il y a un État de droit en Espagne, avec des règles constitutionnelles. Il veut les faire respecter et il a mon plein soutien”, a dit M. Macron de son côté, en visite en Guyane. À Bruxelles, la réaction de l’Union européenne ne s’est pas fait attendre. L'UE “n'a pas besoin d'autres fissures, d'autres fractures”, a réagi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, cité par l’AFP. “Nous n'avons pas à nous insérer dans ce débat hispano-espagnol mais je ne voudrais pas que demain l'Union européenne se compose de 95 États membres”, a insisté M. Juncker. “Pour l'UE, rien ne change. L'Espagne reste notre seule interlocutrice”, a écrit sur twitter Donald Tusk, président du Conseil de l'UE qui représente les 28 États membres. “La Catalogne fait partie intégrante de l'Espagne, et les États-Unis soutiennent les mesures constitutionnelles du gouvernement espagnol visant à maintenir l'Espagne forte et unie”, a réagi, pour sa part, Washington dans un communiqué lu par la porte-parole du département d'État, Heather Nauert. Dans la foulée, Mariano Rajoy a convoqué un Conseil des ministres extraordinaire pour mettre en œuvre les mesures qui en découleront : destitution de l'Exécutif catalan, mise sous tutelle de la police.
Deux dispositions controversées, la mise sous tutelle du Parlement catalan et des médias publics, ont finalement été écartées. Mariano Rajoy s'est, en outre, engagé à organiser des élections dans la région dans six mois. Le président indépendantiste de la région Carles Puigdemont a, lui, appelé les Catalans à rester “pacifiques et civiques”.
Ce dernier risque jusqu’à 30 ans de prison pour “rébellion”, a rapporté l’AFP. “Le parquet présentera une plainte la semaine prochaine pour rébellion contre Carles Puigdemont”, a indiqué le porte-parole du Parquet, précisant que cette mesure pourrait “peut-être être élargie au reste du gouvernement catalan et au bureau des présidents” de l'Assemblée catalane.

Lyès Menacer


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