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A la une / International

La première session a lieu en l’absence des leaders indépendantistes

Espagne : le Parlement catalan choisit son président

L'indépendantiste Roger Torrent (au centre), élu président du parlement. ©D. R.

Madrid a rappelé hier que toute décision d’investiture de Carles Puigdemont, exilé à Bruxelles, ne sera pas validée, faisant planer une nouvelle destitution du Parlement régional de Catalogne.

Le Parlement régional de Catalogne s’est réuni hier pour la première fois, depuis l’élection du 21 décembre 2017, en l’absence de huit leaders indépendantistes, dont la moitié est en prison et les autres exilés à Bruxelles. Pour cette première séance, la présidence de cette assemblée est revenue à Roger Torrent, 38 ans, député de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), élu par 65 voix contre 56. Le vote blanc des huit élus du groupe Catalunya en Comun, proche de Podemos, a permis l’élection du plus jeune président de toute l’histoire de l’assemblée régionale. D’après les médias locaux, Roger Torrent bénéficie de l’estime des dirigeants catalans emprisonnés, dont Oriol Junqueras et Joaquim Forn. L’élection du nouveau président du Parlement s’est déroulée dans un climat de tension et l’œil attentif de Madrid qui a mis la Catalogne sous tutelle, après l’invalidation par la justice espagnole du référendum d’autodétermination du 1er octobre dernier. Parallèlement aux travaux du Parlement, un rassemblement des militants indépendantistes a eu lieu devant le Parc de la Ciutadella, en soutien aux indépendantistes emprisonnés ou exilés à Bruxelles, dont l’ancien président de la région Carles Puigdemont et contre lequel un mandat d’arrêt a été délivré par les autorités de son pays. Lors du discours d’ouverture de la première session parlementaire, l’ancien président de l’Assemblée régionale et non pas moins député ERC, Ernest Maragall, a exprimé son “indignation” face à Madrid, lit-on dans le quotidien en ligne local Ara. “Je ressens une accumulation d'indignation”, a-t-il déclaré, affirmant que “sans ces élections imposées par l'État, je ne serais pas ici, car ceux qui devraient être ici aujourd'hui sont précisément ceux qui ne sont pas là”, en référence à Carles Puigdemont et ses camarades de lutte pour l’indépendance de la Catalogne. “L'État espagnol ne sait ni ne veut rien savoir de la réconciliation ou de la souveraineté partagée: l'État ne sait pas gagner, sait vaincre, ne sait pas partager, sait humilier et punir”, a-t-il encore dénoncé, appelant les Catalans à la résistance mais dans un cadre paficique. “Nous n'abandonnerons pas la voie démocratique pour un projet rassemblant tous les Catalans, un projet qui doit se faire avec tous les citoyens, un projet de République, de justice, d'équité et de progrès”, a-t-il rappelé. “Il y aura de la résistance et de l'intelligence, ce qui sera nécessaire pour gagner la liberté de Junqueras, Sánchez et Forn, et accélérer le retour des exilés, ce pays sera toujours le nôtre”, a-t-il conclu. Mais la bataille s’annonce déjà difficile mais risque surtout de provoquer un nouveau bras de fer avec Madrid et le gouvernement socialiste du Premier ministre Mariano Rajoy. L’élection de Roger Torrent à la tête de la chambre est un premier round: à ce poste, il arbitrera les sessions parlementaires houleuses à venir. La deuxième étape consistera à contrôler le bureau du Parlement, qui décide de l'ordre du jour et du respect du règlement. C'est ce “bureau” qui acceptera ou non une investiture à distance de Carles Puigdemont. Reste que Mariano Rajoy n'acceptera en aucun cas une présidence de Carles Puigdemont depuis Bruxelles, via internet et vidéoconférence, d'une région de 7,5 millions d'habitants où vivent 16% des Espagnols. “Je contesterai le premier acte administratif qui ira dans ce sens”, a-t-il dit mardi, a rapporté l’AFP. Un tel recours entraînera la saisine de la Cour constitutionnelle, qui selon toute probabilité gèlera l'investiture. Cela débouchera sur un nouveau scénario de blocage: le gouvernement central continuera à diriger directement la Catalogne privée de l'autonomie à laquelle ses habitants, très partagés sur l'indépendance, tiennent tant.

Lyès Menacer


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