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Élections fédérales au Canada

Immigration, un enjeu qui polarise au Québec

Les leaders des quatre principaux partis politiques canadiens après un débat télévisé, avec (au centre), l’animateur du débat. © D. R.

Dans une nouvelle loi adoptée en avril dernier, Québec a ramené le nombre d’immigrants accueillis annuellement de 52 000 à 40 000.

La problématique de l’immigration constitue un enjeu électoral de taille à l’occasion des élections fédérales du Canada. Le scrutin législatif prévu pour le 21 octobre (la tradition veut que les élections se tiennent le 3e lundi du mois d’octobre, tous les 4 ans) a connu une campagne électorale intense, ponctuée de 4 débats des chefs de parti. Historiquement, le Canada est une terre d’accueil, l’immigration ayant fourni depuis la Confédération canadienne des fournées entières d’immigrants, devenus citoyens canadiens. Mais le sujet soulève parfois des polémiques, notamment au Québec.

Dans cette province francophone, la question est appréhendée différemment qu’ailleurs au Canada. Les chefs des principaux partis entrés en compétition se sont attaqués à la bataille de l’immigration dans le but évident de gagner l’électorat. Dans leurs plateformes politiques respectives, ils ont coché leurs priorités en la matière. Le Parti libéral du Canada (PLC), parti au pouvoir depuis 4 ans, est connu pour être pro-immigrants. 

C’est sous le règne de l’actuel Premier ministre Justin Trudeau que le Canada avait accueilli 25 000 réfugiés syriens en janvier 2016 dans la ferveur et la fébrilité. C’est encore durant cette mandature libérale que des milliers de réfugiés ont traversé la frontière américaine, en entrant illégalement au pays. De plus, M. Trudeau a nommé dans son gouvernement un ancien réfugié somalien ministre de l’Immigration.

Cette ouverture sur le monde semble avoir vécu. Le même gouvernement libéral a pris, depuis 2018, une série de mesures pour freiner l’arrivée des demandeurs d’asile. Depuis la nomination d’un ancien policier à la tête du ministère de la Sécurité frontalière, Ottawa a introduit une clause dans une loi omnibus qui interdit aux réfugiés qui ont déjà une demande d’asile aux États-Unis ou dans un pays “sûr” de déposer une autre demande au Canada.

Ce raidissement sur la question de l’immigration n’est pas l’apanage des seuls libéraux. Le Parti populaire (PP), une nouvelle formation issue d’une dissidence du Parti conservateur du Canada (PCC), veut carrément réduire le nombre d’immigrants. Étant donné son statut d’autonomie, le Québec s’est vu courtisé par tous les partis fédéraux qui redoublent d’ingéniosité pour attirer l’électorat québécois francophone.

Le gouvernement provincial qui a adopté cette année une nouvelle loi sur l’immigration, prévoyant de réduire considérablement le nombre d’immigrants admis dans la province, n’est plus dénoncé comme lors du débat sur ladite loi. Au contraire, les partis fédéraux donnent raison à Québec qui, au final, n’a exercé que sa prérogative dans ce champ de compétence.

Ainsi, le PCC promet de donner plus de contrôle sur l’immigration au Québec qui souhaite imposer un test des valeurs québécoises, alors que le Nouveau-Parti démocratique (NPD) prévoit un transfert supplémentaire de 73 millions de dollars pour aider la province à élargir ses programmes de francisation et d’intégration des nouveaux arrivants.

Trudeau ne souhaite pas s’opposer à Québec dans sa volonté d’instituer un test des valeurs aux nouveaux arrivants. Dans une nouvelle loi adoptée en avril dernier, Québec a ramené le nombre d’immigrants accueillis annuellement de 52 000 à 40 000 candidats. Cette diminution est temporaire, a promis le gouvernement de François Legault. Une telle décision va sans doute se répercuter sur les quotas issus des bassins géographiques. 

À titre d’exemple, généralement, entre 3000 et 5200 candidats sont sélectionnés en Afrique du Nord. Il faudra donc s’attendre à voir ce chiffre baisser considérablement. À part cette réduction du nombre de candidats admis au CSQ (certificat de sélection du Québec), fondamentalement, le dossier de l’immigration ne connaîtrait pas de gros chamboulements quel que soit le parti qui arriverait au pouvoir à Ottawa au soir du 21 octobre.

 

 De Montréal : Yahia Arkat .



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