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A la une / International

Les résultats des législatives provoquent un séisme politique

Italie : la coalition de droite arrive en tête

Luigi Di Maio, dirigeant du Mouvement 5 étoiles (M5S). ©D. R.

Avec ces résultats, l’Italie risque de se retrouver sans gouvernement, en l’absence d’une majorité au Parlement. Mais au-delà de ce fait, c’est aussi l’Union européenne qui s’inquiète d’un nouveau vent d’instabilité qui menace sa cohésion.

Les eurosceptiques de Mouvement cinq étoiles (gauche) et de la coalition de droite, majoritaires en voix et en sièges dans les élections législatives italiennes de dimanche, ont probvoqué un nouveau séisme politique en Italie et risquent aussi de bouleverser les équilibres au sein d’Union européenne à la recherche d’un nouveau souffle. Avec 37% des voix, la coalition de droite arrive en tête, suivie par le Mouvement cinq étoiles, qui a recueilli 32% des voix, alors que la gauche traditionnelle, du Parti démocrate du Premier ministre Matteo Renzi, s’effondre avec moins de 20% des voix. Difficile de composer un gouvernement, ou une coalition, au vu des positions diamétralement opposées des uns et des autres. Il n’en demeure pas moins que les prétendants à la présidence du Conseil italien ne manquent pas, à commencer par Matteo Salvini, le chef du parti La Ligue (extrême droite), qui a assuré que la coalition de droite avait “le droit et le devoir de gouverner”, en se disant prêt à diriger le futur gouvernement. Idem pour Luigi Di Maio, le chef politique du Mouvement “5 Étoiles”, qui a revendiqué lui aussi le droit de former un gouvernement. Il suffit de lire le titre à la une d’hier du journal italien la Stampa, “Italia ingovernabile” (Italie ingouvernable), pour se faire une idée de la complexité de la situation. C’est dire que l’avenir immédiat de l’Italie s’annonce des plus incertains et peut déteindre sur l’Union européenne, dont la cohésion est mise à rude contribution par l’émergence successive de partis politiques extrémistes. Après la France avec le Front national, l’Autriche avec le FPO, l’Allemagne avec l’AFD et le parti islamophobe Pegida, les Pays-Bas avec le PW de Geert Wilders, c’est donc au tour de l’Italie de leur emboîter le pas. La cheffe de file de l’extrême droite française Marine Le Pen a d’ailleurs jubilé hier en saluant “la progression spectaculaire et l’arrivée en temps de la coalition de la Ligue emmenée par notre allié et ami Matteo Salvini”, qu’elle considère comme “une nouvelle étape dans le réveil des peuples”. Les résultats de ces législatives italiennes peuvent avoir comme premières conséquences le possible retour des anti-migrants au pouvoir, lequel pourrait mettre à mal la volonté franco-allemande de réformer l’Union européenne, tout juste relancée par la conclusion d'un accord de gouvernement à Berlin. C’est du moins l’avis des analystes de la scène européenne, dont celui de Janis Emmanouilidis, directeur d'études aux Centre de politique européenne (EPC), qui a expliqué à l’agence AFP que “certains, opposés à une réforme de l’Europe telle que le souhaite Paris, vont affirmer que, maintenant plus que jamais, avec la confusion en Italie, ce n’est pas le bon moment pour prendre des risques”. Sur le plan économique, le plus grand risque, selon les analystes, serait de voir Rome accroître ses dépenses budgétaires au mépris des règles européennes, au fur et à mesure que les nouveaux dirigeants italiens mettront en œuvre leurs promesses de campagne. Cela pourrait créer des “frictions entre Rome et la Commission européenne”, estime Federico Santi, chercheur au sein du think tank américain Eurasia Group. En d’autres termes, les résultats des législatives italiennes constituent des bâtons dans les roues du couple franco-allemand, dont l’objectif est de réformer l’UE et ressouder ses rangs.

Merzak Tigrine


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