Scroll To Top

A la une / International

Il l’accuse de blocage des rouages de l’état

Kaïs Saïed s’en prend à Ennahdha

Le président tunisien Kaïs Saïed. © D. R.

Le conflit entre le président tunisien, Kaïs Saïed, et le président du Parlement, Rached Ghannouchi, est sur le point d’éclater au grand jour. Le clash est même  devenu inévitable, à considérer  les  piques lancées par le Président à l’endroit du leader islamiste.

Le chef de l’État tunisien a dénoncé mardi le parti islamiste Ennahdha et ses alliés au Parlement, qu’il accuse de l’entière responsabilité du blocage des rouages de l’État et de vouloir manipuler à leur profit personnel et au service de l’idéologie de leur parti les institutions de l’État, à l’instar de la Cour constitutionnelle dont il a critiqué le retard mis pour son installation.

“La Tunisie a aujourd’hui besoin d’une véritable Justice et d’une Cour constitutionnelle, et nous n’accepterons pas une cour de règlements de comptes”, a-t-il insisté sur les propos rapportés par les médias de ce pays.

“Voilà qu’aujourd’hui, après plus de cinq ans de léthargie, de divisions et d’hypocrisie, ils ressentent un danger et se rappellent de l’importance de la Cour constitutionnelle et de la suprématie de la loi”, a-t-il lancé.

Il a relevé dans ce sens que “certaines forces contrôlent toujours l’appareil de l’État”, en soulignant que “le pays est passé du parti unique au lobby unique”. “Cela est un véritable danger, puisque nous avons en apparence un pluralisme politique, mais en réalité un lobby unique”, a-t-il prévenu, se disant non disposé à traiter avec les lobbies et avec ceux qui ont mis la main sur les richesses du peuple. 

Dans un discours tenu à l’occasion du 21e anniversaire du décès du leader Bourguiba, le chef de l’État tunisien a renouvelé son aversion pour le régime parlementaire tunisien qui limite ses prérogatives, en s’en prenant à la majorité au Parlement, rappelant qu’elle “a fraudé lors des dernières élections en achetant des voix grâce à l’argent sale”. 

Il a relevé que “les Tunisiens se sont révoltés contre l’atteinte à leur dignité, mais aujourd’hui ils sont dans leur majorité encore plus pauvres, alors que d’autres s’enrichissent”, en réitérant son refus de négocier avec ceux qu’il a qualifiés de “voleurs”.

Saïed s’est interrogé sur la faisabilité d’un dialogue qualifié de “national” avec la participation de certaines parties qui n’ont aucune vision pour la patrie, ajoutant que certaines des personnes suggérées pour prendre part au dialogue sont recherchées par la justice. Ainsi, de solution qu’il est censé représenter, le dialogue national est devenu une partie du problème.

Preuve en est que pour le parti Ennahdha la problématique de la crise au sommet de l’État tunisien se résume dans le fait que Kaïs Saïed insiste pour le limogeage du gouvernement de Hichem Mechichi avant d’entamer le dialogue national, alors que son parti insiste, au contraire, sur le maintien de ce gouvernement. Son porte-parole a estimé qu’Ennahdha est ouverte à l’initiative de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et à l’inclusion de toutes les parties politiques et organisations nationales au dialogue.                                       
 

A. R.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER