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A la une / International

Les gouvernements ont eu recours à la répression des manifestations

La crise sociale menace la stabilité de plusieurs pays

La colère gronde parmi les manifestants. ©D. R.

À la crise de chômage qui frappe de plein fouet des pays comme la Tunisie, le Soudan et le Tchad, s’ajoute une situation politico-sécuritaire fragile.

Un étudiant a été tué au Soudan et des manifestants sévèrement réprimés en Tunisie, alors que les Tchadiens craignent qu’une féroce répression s’abatte sur eux, en réaction à un mouvement de contestation sociale qui se prépare depuis des semaines à N’Djamena. La hausse des prix des produits de première nécessité et de celui des carburants est à l’origine de cette gronde sociale dans ces pays en crise économique structurelle, et où le déficit de démocratie accroît les tensions entre une opposition affaiblie et des gouvernements qui ont investi plus d’argent dans l’appareil répressif que dans le développement économique et social. Ainsi, dimanche, Khartoum a réagi aux manifestations qui ont eu lieu dans les quatre coins du Soudan par la mobilisation de ses forces de répression, causant la mort d’un jeune étudiant au Darfour, dont le tort était de manifester contre l’augmentation du simple au double du prix du pain. Des manifestations ont eu lieu dans les régions en conflit du Darfour et du Nil Bleu, ainsi que dans la capitale Khartoum, où des protestataires ont brûlé des pneus et bloqué des routes, la police répondant par des tirs de gaz lacrymogènes. Cette hausse du prix du pain est le résultat de la privatisation de l’importation céréalière. Le régime de Khartoum a même procédé à la saisie des exemplaires d’au moins 6 journaux quotidiens qui avaient critiqué la démarche du gouvernement et ces hausses. Chez le voisin tunisien, la colère des citoyens couvait depuis des semaines pour s’exprimer par des manifestations de rue, avec l’entrée en vigueur de la loi de finances 2018, qui a inscrit nombreuses hausses des prix et des taxes pour parer au déficit budgétaire et éviter de solliciter un nouveau prêt auprès des institutions financières internationales. Mais la police tunisienne a été instruite pour disperser ces manifestations, notamment celle organisée par la campagne citoyenne “Fech Nestannew” (qu'est-ce qu'on attend, en arabe tunisien). Les manifestants s'étaient auparavant rassemblés sur l'avenue Bourguiba dans le centre de Tunis, près du ministère de l'Intérieur, pour exiger l'annulation de l'augmentation des prix et la libération de leurs camarades interpellés. “Ni peur ni terreur, la rue appartient au peuple”, scandaient les jeunes lorsque des policiers ont chargé, dispersant le rassemblement selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. Plus tôt, des dizaines de jeunes avaient manifesté sous très haute surveillance policière, mais dans le calme, selon l'AFP. “Aujourd'hui, 7 ans après la révolution, on se fait arrêter pour des slogans !”, a dit l'un d'eux en haranguant la petite foule. Selon des militants de “Fech Nestannew”, plusieurs membres de la campagne ont été interpellés pour avoir distribué des tracts appelant à manifester ou pour des graffitis dénonçant la hausse des prix. Au Tchad, la hausse des prix des carburants, décidée par le gouvernement, a du mal à passer chez les citoyens et les membres de la classe politique dans le camp de l’opposition. Dimanche soir, quatre partis, rassemblés au sein d’une coordination politique, ont rendu publique une déclaration dénonçant la décision du gouvernement qu’ils ont également appelé à la raison, a rapporté RFI. “En tant que leaders politiques, nous ne pouvons garder le silence. Ce que nous demandons, c’est que ces mesures soient levées et qu’on rétablisse le salaire des fonctionnaires. Qu’ils reviennent sur les mesures pour permettre au peuple tchadien, au moins, d’avoir accès au carburant. Parce que sans le carburant il n’y a pas d’énergie !”, ont dénoncé le CCPPOD (Cadre de concertation des partis politiques de l'opposition démocratique), la COPRAT (Coalition de l'opposition politique pour le redressement et l'alternance au Tchad), l’ADO et le CPMO.

Lyès Menacer


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