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A la une / International

L’ex-président Ali Abdellah Saleh tué hier dans les combats avec les Houthis

La guerre au Yémen prend un tournant majeur

© D. R.

Le revirement de l’ex-président yéménite et son intention de se réconcilier avec l’Arabie saoudite ont été considérés par les Houthis comme une trahison.

L’ancien président déchu du Yémen, Ali Abdellah Saleh, a été tué, hier, à Sanaa, dans les affrontements qui opposent depuis une semaine ses partisans à ses anciens alliés, les Houthis. Sa mort a été annoncée par les Houthis, via un communiqué du ministère de l’Intérieur à Sanaa, qui est sous leur contrôle depuis mai 2014. “Le ministère de l’Intérieur (contrôlé par les Houthis) annonce la fin de la milice de la trahison et la mort de son chef (Ali Abdallah Saleh) et d’un certain nombre de ses éléments criminels”, a affirmé la chaîne de télévision d’Ansarullah (mouvement armé dirigé par Saleh), Al-Massirah, en citant un communiqué publié par les Houthis. “L’avortement de ce projet de division constitue un échec pour le plus dangereux projet de trahison et de division sur lequel pariaient les forces de la coalition saoudo-US afin de faire plier le Yémen”, a ajouté le communiqué en question, précisant que l’ex-président déchu en 2012, dans le sillage du Printemps arabe, a été tué avec deux hauts responsables de son parti, le Congrès populaire général (CPG). En effet, “Saleh a été tué avec deux de ses compagnons, Aref Zoka et Yasser al-Awadi, lors de leur tentative de fuir vers la province de Maareb à bord de trois blindés”, a ajouté la presse yéménite proche des Houthis. Quelques heures plus tard, l’information a été confirmée par son propre camp, au sein du CPG.
“Il est tombé en martyr en défendant la République”, a affirmé Faïka al-Sayyed, une dirigeante de son parti, a repris l’AFP. Mais une vidéo, filmée avec un téléphone portable avait déjà commencé à circuler sur les chaînes satellitaires plusieurs heures avant la confirmation officielle de son décès.
La mort de l'ex-président yéménite, 75 ans, constitue un tournant majeur dans le conflit qui ensanglante le pays depuis son départ du pouvoir en 2012. Elle intervient au lendemain de son annonce de tourner la page du conflit qui l’oppose à l’Arabie saoudite, en échange de la levée du blocus imposé par Riyad et ses alliés contre une population prise en otage par des intérêts géopolitiques dans la région depuis six ans. Mais cette déclaration a été considérée par ses anciens alliés, les Houhtis, comme une trahison pour laquelle il a immédiatement payé de sa vie. Avec son élimination, les Houthis montrent qu’ils sont prêts à aller jusqu’au bout de leur lutte contre l’agression saoudienne du peuple yéménite, sous-prétexte de mettre fin à la présumée influence iranienne au Yémen et dans la région. D’où l’urgence d’engager un dialogue politique sérieux pour sortir ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, d’une guerre qui a affamé son peuple et l’a poussé loin de chez lui. La guerre au Yémen a fait plus de 8 750 morts depuis l'intervention de l'Arabie saoudite et de ses alliés en mars 2015, et le pays est aujourd'hui confronté à la “pire crise humanitaire du monde”, selon l'ONU.


Lyès Menacer

 


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