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Panel politique sur la guerre en Syrie

La Nouvelle Route de la soie passerait-elle par Damas ?

La Syrie est aujourd'hui un champ de ruines. © D.R.

Des experts estiment qu’en raison de l’importance des enjeux, il y a peu de chances que le processus de dialogue politique aboutisse en Syrie. Ce que la réalité du terrain démontre amplement chaque jour.

La guerre en Syrie cache-t-elle des enjeux d’une éventuelle reconstruction de la Route de la Soie, ce réseau de routes commerciales de l’époque médiévale reliant l’Asie à l’Europe ? Un panel politique a tenté de disséquer la question, dimanche à Montréal, à l’occasion d’une conférence organisée dans le cadre du Festival du monde arabe (FMA). Les conférenciers ont émis une hypothèse sous forme interrogative : Daech ou l’État islamique est-il le visage dévoilé d’un Occident en crise ? Amir Khadir, député de Québec Solidaire (QS), Mohamed Mahmoud, blogueur et analyste politique, ainsi que Rached Antonius, sociologue et universitaire, ont croisé leurs visions en apportant des éléments de réponse à la problématique. M. Mahmoud explique que les terroristes de Daech exploitent à fond le rêve messianique présent dans l’imaginaire musulman entretenu par l’Arabie Saoudite à coup de pétrodollars. C’est ce qui fait que des jeunes issus de l’immigration cèdent facilement aux sirènes terroristes. Le député québécois regrette que la peur soit exploitée par une partie de la classe politique, pas seulement au Québec, à des fins purement partisanes, en citant l’exemple de la campagne électorale aux États-Unis. Or, pour les intervenants, la guerre en Syrie cache bien des enjeux beaucoup plus importants. Pour M. Antonius, la guerre par procuration que se livrent les États-Unis et la Russie en Syrie a un soubassement géostratégique évident. Au-delà de la question de la démocratisation des institutions qui est effectivement posée, pas seulement en Syrie d’ailleurs, Washington craint des velléités russes, dans le cadre des BRICS (les pays émergents que sont Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), de reconstruire une nouvelle Route de la Soie qui capterait l’essentiel du commerce mondial. Une perspective qui inquiète l’administration américaine. C’est pourquoi les États-Unis instrumentalisent le chaos syrien pour saborder cette perspective. Même s’il entre en jeu, cet aspect géostratégique ne doit pas occulter le fait que les pouvoirs dans la région, donc y compris en Syrie, ne sont pas démocratiques, nuance les conférenciers. Cette non-institutionnalisation des pouvoirs rend possible l’instrumentalisation des acteurs locaux par les puissances étrangères. “La période de colonisation n’est pas finie dans la région. Les décisions sont prises par les Occidentaux et non par les dirigeants locaux”, soutient Rached Antonius pour qui les enjeux géostratégiques ont presque annihilé la volonté de démocratisation des pays arabes. Devant de tels enjeux, les pourparlers sur la crise syrienne ont peu de chance d’aboutir. 

 


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