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La réorganisation territoriale contestée

Soumeylou Boubèye Maïga, Premier ministre du Mali. © D.R

L’intransigeance des ex-rebelles et le manque de volonté politique de Bamako ont retardé la mise en œuvre de l’Accord de paix, laissant la voie ouverte au retour de la violence terroriste et ethnique dans le nord du Mali.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion) a dénoncé, dans un communiqué publié dans la nuit de mardi à mercredi, la démarche des autorités maliennes dans la gestion du volet lié à la réorganisation territoriale, dans le cadre de l’application de l’Accord de paix et de réconciliation, issu du processus d’Alger. “La CMA conviée à la rencontre de consultations préliminaires sous l’égide du Premier ministre, en date du 9 novembre 2018, autour des questions de l’heure (réforme constitutionnelle et relecture des textes législatifs à mettre en adéquation avec l’Accord, découpage administratif et territorial, échéances électorales), enregistre et dénonce avec la réserve qui se doit l’impérissable stratégie de décision unilatérale prisée par la partie gouvernementale s’agissant particulièrement d’enjeux nationaux extrêmement importants et combien sensibles”, lit-on dans le communiqué. “Dans le souci constant de partage responsable d’engagements, la CMA exige, conformément à l’esprit et à la lettre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger, d’être associée dès le départ à toutes initiatives, élaboration de textes ou projets de lois qui impliquent la responsabilité des parties signataires pour sa mise en œuvre”, ajoutent les rédacteurs du communiqué.
Pour rappel, le Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maïga a donné, mardi à Bamako, le coup d’envoi des premières concertations sur la réorganisation territoriale au Mali depuis 60 ans, qui devraient se dérouler pendant trois jours dans toutes les régions du pays. Si la CMA affirme sa disponibilité à accompagner cette phase de la mise en œuvre de l’accord de paix, de nombreuses parties dans le nord du Mali s’y opposent fermement, jugeant le nouveau découpage injuste et mal réfléchi. D’autres craignaient que ce découpage ne cache un plan de partition du Mali, ce que démentent les autorités de Bamako et les membres de la communauté internationale engagés dans le processus de paix au Mali.
Lundi, l’opposant Soumaïla Cissé a appelé, lors d’une conférence de presse, au boycott de ces consultations, considérant que ces dernières portaient “les germes de la division des Maliens”. Le gouvernement malien a fait savoir dans un communiqué officiel que ces “concertations ont pour objet de mener une réflexion collective sur le statut, la configuration et le ressort géographique et territorial de la circonscription administrative”. Une synthèse nationale de ces concertations est prévue par la suite par le gouvernement malien, a ajouté la même source.
Le découpage administratif des régions maliennes a constitué un point “d’achoppement politique” entraînant l’ajournement à 2019 des élections législatives, prévues initialement en novembre courant et décembre prochain.


Lyès Menacer/Agences


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