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Selon l’émissaire onusien Ghassane Salamé

La rivalité américano-russe aggrave le conflit en Libye

Ghassane Salamé, envoyé spécial de l’ONU en Libye. © D. R.

Certains pays continuent de jouer à un double jeu, en soutenant le gouvernement libyen légitime à Tripoli sur le plan politique, tout en apportant de l’aide militaire et logistique à Khalifa Haftar, sous le couvert de la lutte contre le terrorisme.

Le face-à-face, jusqu’à maintenant diplomatique, opposant les États-Unis à la Russie en Libye inquiète l’ONU qui l’exprime ouvertement, via son envoyé spécial Ghassane Salamé. Tout en se montrant optimiste quant à une sortie de crise possible dans les semaines et mois à venir, M. Salamé évoque des complications, dont “la première concerne cette tension russo-américaine sur la présence éventuelle (en Libye) de compagnies de sécurité russes”, a-t-il dit dans un entretien qu’il a accordé à l’AFP à Tunis. “Nos partenaires libyens nous en parlent quasiment tous les jours. Il n'y a pas de raisons particulières pour douter de ce qu'ils nous disent”, a-t-il ajouté.

L'émissaire a noté “un intérêt américain grandissant” pour la Libye, “peut-être parce qu'ils pensent qu'il y a une présence russe”. Jusqu'ici, “les Américains avaient limité leur intérêt (...) à la lutte antiterroriste et à l'écoulement normal de la production de pétrole”. Depuis les révélations de la presse américaine sur la présence de mercenaires russe en Libye, en appui aux opérations d’agression de Khalifa Haftar contre Tripoli depuis presque huit mois, Washington a montré un regain d’intérêt concernant ce conflit.

Ces derniers jours, les États-Unis ont multiplié les déclarations et les rencontres avec les responsables politiques libyens, mais aussi avec les responsables des pays voisins, dont l’Algérie et la Tunisie, qui rejettent toute option militaire dans la gestion du conflit libyen et dénoncent fermement l’ingérence étrangère qui a aggravé la crise. Mais ce qui est remarquable dans chacune des déclarations des Américains, ce sont leurs attaques contre Moscou en déclarant qu’ils sont “gravement préoccupés par l'exploitation du conflit par la Russie”. 

Un ancien diplomate américain est allé jusqu’à affirmer que le nombre de mercenaires russes présents en Libye est passé de 200 à 1400 ces dernières semaines, alors que Moscou a toujours nié cela. Ghassane Salamé n’était pas, non plus, en mesure de confirmer ou d’infirmer ces informations, a indiqué encore l’AFP. Pour rappel, la semaine dernière, les États-Unis ont affirmé avoir rencontré Khalifa Haftar et lui avoir demandé d’arrêter son attaque contre Tripoli qu’il cherche vainement à conquérir depuis le 4 avril, provoquant des morts et des destructions. 

Mais “cela ne veut pas dire qu'il y a une politique d'une clarté cristalline de Washington sur le dossier libyen”, a estimé M. Salamé. “Qu'est-ce que les Américains vont mettre dans la balance ? Est-ce un simple souhait que M. Haftar arrête son offensive ou c'est une décision américaine qui pourrait être suivie de mesures de rétorsion?”, s’est-il demandé, rapporte toujours l’AFP.
 

Lyès Menacer

 



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