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En dépit des mesures économiques annoncées par le gouvernement

La rue libanaise ne décolère pas

Les manifestations au Liban durent depuis octobre 2019. © D. R. 

Les manifestations, dans plusieurs villes du pays, ont encore dégénéré dans la soirée de vendredi en affrontements avec les forces de l’ordre. 

La contestation au Liban ne faiblit pas. De nouvelles manifestations anti-pouvoir, dégénérant en affrontements qui ont fait au moins onze blessés, ont eu lieu vendredi soir dans plusieurs grandes villes du pays, malgré la promesse des autorités d'injecter des dollars sur le marché pour tenter de freiner l’érosion historique de la monnaie nationale. 
À Tripoli, épicentre de la contestation d’octobre 2019, l’armée est intervenue en soirée pour disperser sur la place principale des milliers de protestataires qui criaient “révolution, révolution”, déclenchant des affrontements, selon l’AFP. Des jeunes ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les militaires, et endommagé des façades de magasins et de plusieurs banques. Les soldats ont riposté avec des gaz lacrymogènes donnant à voir des scènes de véritables “guérillas”, ont rapporté des médias libanais. Selon la chaîne libanaise LBC, ces affrontements ont fait des dizaines de blessés parmi les protestataires et les forces de l’ordre.

À Beyrouth, la capitale, des centaines de jeunes ont bloqué les routes et mis le feu à des magasins et aux devantures des banques qui cristallisent depuis une semaine la colère des manifestants sidérés par l’érosion du pouvoir d’achat induite par la dépréciation de la livre face au billet vert américain. Ces rassemblements, d’abord pacifiques, ont dégénéré en affrontements après l’intervention de l’armée à coups de gaz lacrymogène.

Les manifestants réclament le départ de la classe politique au pouvoir, incapable, selon eux, de redresser la situation économique qui continue d’impacter durement la vie des citoyens. Sur les pancartes brandies par les protestataires, les messages de détresse pullulent. “On veut un travail”, “Révolution de la faim”, “Pays en ruine”, autant de messages qui renseignent sur le niveau atteint par la crise économique qui frappe de plein fouet le Liban, un des pays les plus endettés dans le monde.

L'effondrement progressif de la livre libanaise s'est accompagné d'une forte explosion de l'inflation, sans oublier les fermetures de commerces et les licenciements massifs, une crise aggravée par les mesures de confinement adoptées pendant deux mois face au coronavirus. Cet enlisement – ajouté à une pénurie de dollars, monnaie utilisée couramment au Liban – a été un des catalyseurs d'un soulèvement inédit, déclenché en octobre 2019 pour dénoncer une classe politique amorphe et “prédatrice”, inchangée depuis au moins trois décennies. Vendredi, lors d'une “réunion urgente” du gouvernement, le président Michel Aoun a annoncé la mise en place d'un mécanisme pour assurer “l'injection de dollars sur le marché par la Banque du Liban”, estimant que cela “devrait permettre de faire diminuer progressivement le taux de change”, selon ses services.

Le chef du Parlement Nabih Berri a évoqué des mesures adoptées pour ramener le taux de change sous les 4000 livres pour un dollar. Mais selon les protestataires, cités par la presse libanaise, des annonces similaires avaient été faites fin mai par les autorités mais sont restées sans effet et la crise de confiance demeure patente.

Karim Benamar


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