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A la une / International

Violences entre gouvernement transitoire et indépendantistes sudistes

La scission menace le Yémen

Des milliers de Yéménites sont venus contester à Aden. ©D. R.

La résurgence de l’idée d’indépendance avait déjà fait son chemin à Aden avant même la chute de l’ancien régime du défunt président Ali Abdellah Saleh en 2012.

Les combats opposant les indépendantistes sudistes et les forces loyales au gouvernement yéménite de transition exilé à Aden se sont poursuivis hier au deuxième jour, faisant au moins neuf morts et des dizaines de blessés, ont rapporté les agences de presse, citant des sources militaires. Les violences qui ont commencé dimanche avaient déjà fait une vingtaine de morts dans les deux camps, selon un bilan officiel. Hier, les médias locaux ont fait état de l’arrivée de nombreux combattants sudistes, en renfort, des provinces d'Abyane (sud) et de Marib (centre). Le face-à-face entre l’armée gouvernementale du président de transition Abd Rabbo Mansour Hadi, qui dirige le pays de Riyad, et les indépendantistes s’est accentué en milieu de journée hier à coups de tirs de chars de combat et d’artillerie lourde, a rapporté l’AFP. Les citoyens étaient obligés de rester chez eux ou de fuir dans les quartiers épargnés par les combats. Pour rappel, ces violences ont éclaté après l’interdiction par les forces gouvernementales d’un rassemblement des indépendantistes demandant le départ du gouvernement, dont le siège à Sanaa est occupé depuis deux ans par les houthis. Mais les événements de dimanche sont la goutte qui fait déborder le vase, dans un contexte de chaos que vit le Yémen depuis la chute de l’ancien régime du défunt chef d’État, Ali Abdellah Saleh en 2011, et que la guerre d’agression saoudienne, sous le couvert d’une coalition arabe anti-houthie, a aggravé depuis mars 2015. Car le conflit opposant l'armée gouvernementale au mouvement indépendantiste à Aden remonte à plusieurs années. Le Yémen du Sud était auparavant un État indépendant avant sa fusion avec le Nord en 1990. Mais cette union a été régulièrement contestée par certains sudistes qui accusaient Sanaa, à l’époque du règne de Saleh, de marginalisation socio-économique. En 2012, les sudistes avaient mené une vaste campagne pour dénoncer l’accord passé entre l’ancien président et les monarchies du Golfe, menées par Riyad, pour céder le pouvoir. L’arrivée de Mansour Hadi à la tête d’un gouvernement de transition n’a pas calmé la colère du mouvement indépendantiste qui a décidé, après la prise de Sanaa par les houthis, suivie par l’intervention militaire saoudienne en 2015, de passer à l’action et de revenir à la situation d’avant l’unification des deux Yémen. Cela a ouvert un deuxième front à Aden, où les forces gouvernementales ont engagé des combats meurtriers pour reprendre le contrôle de la capitale du sud en juillet 2015. En mai 2017, les indépendantistes ont annoncé la création d’un Conseil de transition du sud qui n’a pas tardé à voler en éclats en raison des luttes intestines entre les leaders du mouvement sudiste et d’une situation sécuritaire très fragile. Mais la politique du gouvernement de transition, exilé à Aden, a fait revenir au grand jour la rivalité nord-sud, avec la décision du président Hadi d’écarter le chef du mouvement indépendantiste Aidarous al-Zoubeidi de son poste de gouverneur. Aujourd’hui, le Yémen fait face au dangereux scénario de la scission qui, sans doute, aura des conséquences désastreuses sur le Yémen et toute la région de la péninsule Arabique.

Lyès Menacer


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