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A la une / International

Après la mort d’un manifestant à Khartoum

La situation politique se corse au Soudan

Les actes de violence ont suscité une vive réaction des manifestants à Khartoum. © D. R.

Les Forces pour la liberté et le changement ont appelé hier à faire la prière de l’Aïd à même le lieu du sit-in des Soudanais, à savoir devant le siège du quartier général de l’armée.

La contestation au Soudan a pris dans la nuit de samedi à dimanche une dangereuse tournure, après la mort d’un manifestant à Khartoum, victime de “tirs des forces régulières”, selon plusieurs sources, ont rapporté hier les médias locaux, alors que dix autres personnes ont été aussi blessées. “À la suite de tirs des forces régulières, il y a eu plusieurs blessés dans la rue du Nil, près du sit-in”, a déclaré le Comité central des médecins soudanais, qui a publié une liste de 11 victimes, sans dire s'il s'agissait de manifestants. L'une d'elles a succombé à ses blessures “après être entrée en soins intensifs”, a-t-il ajouté, parlant d'un jeune homme “victime d'une balle réelle dans la tête”. Ces actes de violences ont suscité une vive réaction chez les manifestants et les leaders de la contestation, dans un contexte de blocage total du dialogue politique avec le Conseil militaire de transition, qui refuse de céder l’intégralité du pouvoir aux civils.

Le Syndicat des professionnels, un des leaders du mouvement de protestation, a lancé un appel hier matin à tous les Soudanais à se mobiliser massivement, pour maintenir la pression sur le Conseil militaire. Dans un “communiqué urgent”, le puissant syndicat a appelé les Soudanais “à se rendre vers les lieux de rassemblements et y passer la nuit, car ils restent la seule garantie pour la réussite de la révolution”, lit-on sur les médias locaux. “Notre unité et notre mobilisation en masse demeurent nos seuls points de force pour aboutir à nos revendications d’un pouvoir civil”, a ajouté le syndicat. Pour rappel, la plupart des autres victimes ont été blessées par des coups donnés avec des crosses de fusil ou des barres de fer, a ajouté le comité sans donner plus de détails.

Des soldats et des agents des forces de sécurité ont été déployés samedi après-midi autour de la rue du Nil, empêchant l'accès à cette zone alors que des coups de feu ont été entendus par un correspondant de l'AFP. Ce n’est pas la première fois que de tels dépassements ont lieu à Khartoum, depuis le départ forcé du pouvoir de l’ancien président Omar al-Bachir le 11 avril dernier, après trois décennies de règne militaro-islamiste sur le Soudan. L'incident de samedi intervient en effet après deux épisodes de violence cette semaine dans la même rue. Deux personnes avaient été tuées et plusieurs autres blessées, selon le mouvement de contestation. Les circonstances de ces décès n'ont pas été clairement établies.

L'Association des professionnels soudanais (SPA), a accusé samedi soir les militaires de “planifier de façon systématique et de s'employer à disperser le sit-in pacifique (...) avec une force et une violence excessives”. Dans un communiqué, la SPA a dit “tenir le Conseil militaire responsable de la sécurité des manifestants”, a rapporté l’AFP. “Le Conseil militaire a ignoré royalement la commission mixte de sécurité mise en place entre les deux parties”, a, pour sa part, dénoncé Mohammed Youcef Ahmed al-Mustapha, un des leaders de l'Association des professionnels.
 

Lyès Menacer

 


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