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A la une / International

Démission du Premier ministre Saad Hariri

Le Liban victime du chantage saoudien

Saad Hariri, Premier ministre démissionnaire de la République libanaise. ©D. R.

Le Premier ministre démissionnaire libanais, Saad Hariri, affirme qu’il est en “liberté” à Riyad et qu’il va bientôt rentrer au Liban pour entamer les procédures constitutionnelles nécessaires pour formaliser sa démission.

La responsabilité de l’Arabie saoudite dans la nouvelle crise politique libanaise se précise de jour en jour, avec l’entretien accordé par le Premier ministre libanais démissionnaire qui confirme ouvertement l’ingérence de Riyad dans les affaires internes de Beyrouth. Tout en affirmant avoir quitté son poste pour les intérêts de son pays, en raison de ce qui se passe dans la région (du Proche-Orient, ndlr), M. Hariri a fait référence aux dangers régionaux qui exposent le Liban au risque de sanctions américaines et arabes. “Je ne suis pas contre le Hezbollah au sens politique, mais il n’est pas dans son droit de détruire le Liban”, a ajouté le Premier ministre dans un entretien télévisé dimanche soir. Et d’ajouter : “Tout le monde connaît ma relation avec l’Arabie saoudite…plus particulièrement avec le roi Selmane et le prince héritier, Mohamed Ben Selmane. Il y a des divergences entre nous concernant certaines questions et des accords, mais il y a des données que je découvre maintenant et qui nous dictent aujourd’hui la nécessité de sauver notre pays”. Autrement dit, la main invisible de Riyad n’est pas si invisible, comme tente de convaincre le Premier ministre libanais démissionnaire qui, en s’attaquant au mouvement chiite de Hassan Nasrallah, sous-traite la guerre contre l’Iran. Pourtant, Saad Hariri est loin d’ignorer que le Hezbollah, qui dispose d’un bras armé, a le mérite de protéger le Liban contre le terrorisme de Daech et d’Al-Qaïda, ainsi que contre toute agression israélienne. Mais l’aveuglement de l’Arabie saoudite, considérée par de nombreux observateurs comme un élément déstabilisateur dans la région, soit en soutenant le terrorisme islamiste ou la politique américaine et son allié israélien, la pousse aujourd’hui à mettre en péril l’avenir du Liban pour mener sa lutte d’influence contre un Iran riche de son histoire et dont le retour sur la scène internationale n’est pas pour arranger les affaires du royaume wahhabite. Aussi, la déclaration, dimanche, du président du Liban, Michel Aoun, au sujet de la démission de Saad Hariri a son pesant d’or dans l’ingérence avérée de Riyad et sa volonté de mettre les pays de la région dans son giron, quitte à leur livrer une guerre armée, comme c’est le cas au Yémen. Pour M. Aoun, en évoquant la démission de M. Hariri, “toute position qu'il a pu prendre, qu'il va prendre, ou qui pourrait lui être imputée (...) est douteuse et ne peut pas être considérée comme une position prise de son propre chef”. En d’autres termes, la décision du départ de M. Hariri est loin d’être un choix personnel, pour les intérêts du Liban, comme il a vainement tenté de le faire admettre à l’opinion publique de son pays et aux observateurs internationaux.

Lyès Menacer


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