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Présidentielle au Niger

Le scrutin endeuillé par des attentats

© D.R

En dépit du climat d’insécurité qui règne dans le pays, quelque 7,4 millions d’électeurs nigériens, sur une population de 22 millions, ont voté dimanche au second tour pour élire un nouveau président.

Les Nigériens choisissent entre le favori Mohamed Bazoum, fidèle du sortant Mahamadou Issoufou, et l'opposant Mahamane Ousmane, ancien président. Les bulletins ont commencé à être dépouillés dans la soirée, mais les résultats ne seront pas connus avant plusieurs jours. 

Cependant, le second tour de la présidentielle au Niger a été endeuillé dimanche par la mort de sept membres locaux de la Céni (Commission électorale nationale indépendante) dans l'explosion de leur véhicule qui a roulé sur une mine dans la région de Tillabéri (ouest) proche du Mali. “J'ai eu l'information vers midi (11h00 GMT), il y a eu sept morts lorsque le véhicule a sauté sur une mine.

Il s'agit de présidents de bureaux de vote et de leurs secrétaires” recrutés par la Céni, a expliqué Tidjani Ibrahim Katiella, gouverneur de la région de Tillabéri, précisant que l’accident a également fait “trois blessés”. Le drame est survenu à Waraou, une localité située sur la commune de Dargol dans la région de Tillabéri, à une centaine de kilomètres de Niamey, zone dite “des trois frontières” entre Niger, Mali et Burkina Faso. 

La même région de Tillabéri a connu un des pires massacres de civils début janvier, après le premier tour de la présidentielle, lorsque cent personnes avaient été tuées dans l'attaque de deux villages. La double attaque a été perpétrée “par des terroristes venus à bord d'une centaine de motos”, selon les autorités. 

La région de Tillabéri est placée sous état d'urgence depuis 2017. Pour tenter de lutter contre les terroristes, les autorités ont interdit depuis un an la circulation à moto nuit et jour et ordonné la fermeture de certains marchés soupçonnés d'alimenter “les terroristes”. Cela étant, les opérations de vote ont été marquées aussi par la découverte de “faux bulletins” de vote dans le cadre du second tour de l'élection présidentielle, dimanche, après le premier du 27 décembre. 

“Ce bulletin manifestement n'est ni un spécimen, ni un bulletin de vote unique. Il est un faux évident”, a affirmé le président de la Céni, Issaka Souna, en s'insurgeant “contre de telles manœuvres tendant à amener les citoyens à douter de la sincérité du scrutin”.

La découverte de ces faux bulletins de vote intervient alors que l'opposition avait déclaré, entre les deux tours, qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats si elle les estimait entachés de fraude. L’opposition qui a dénoncé aussi de présumées fraudes lors du premier tour a été déboutée par la justice. Aussi, la vraie réussite du scrutin résidera dans l'acceptation des résultats par toutes les parties une fois les résultats annoncés.

Pour autant, l'Union européenne, la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont déployé de nombreux observateurs pour suivre le déroulement du scrutin. 

Et si tout se passe normalement, c'est la première fois que le Niger va enregistrer une transition démocratique, avec le passage de témoin d'un président démocratiquement élu à un autre, depuis les premières élections démocratiques de 1993. 

Le président Issoufou, 68 ans, ne se représentait pas à l'issue de ses deux mandats constitutionnels, contrairement à de nombreux chefs d'État africains. 

Lors du premier tour, 69,7% des électeurs s'étaient rendus aux urnes, Bazoum avait récolté 39,3% des suffrages, Ousmane presque 17% et le premier part avec un net avantage. 

 


A. R./Agences


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