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Tunisie

Les luttes de pouvoir minent l’avenir du pays

©D. R.

Alors que la Tunisie fait face à une crise multidimensionnelle, des dirigeants du pays s’adonnent à des luttes de pouvoir au risque de compliquer la situation.

L’avenir de la Tunisie semble passer au second plan pour les responsables politiques tunisiens, qui multiplient les manœuvres pour rester dans le giron décisionnel du pouvoir. L’exemple du patron du mouvement islamiste Ennahdha illustre parfaitement ces luttes intestines. Après avoir rencontré lundi le président de la République tunisienne, Béji Caïd Essebsi, à sa demande, Rached Ghannouchi s’est réuni hier avec le Premier ministre Youcef Chahed, alors que ces deux hautes personnalités de l’État tunisien sont loin d’être sur la même longueur d’onde quant aux voies et moyens pour sortir de la crise. Et assurément ce n’est pas le meilleur moyen de sortir la Tunisie de la crise. Le consensus nécessaire est rompu. Il n’est plus de mise entre les deux principales formations politiques tunisiennes, Nidaa Tounès et Ennahdha, comme cela avait été annoncé par le président tunisien Béji Caïd Essebsi. C’est loin d’être l’avis des dirigeants d’Ennahdha, à l’instar du président de son conseil Choura, Abdelkrim Harouni, qui estime que le consensus doit être renforcé pour une sortie de crise, car selon lui, “c’est le seul garant permettant d’effectuer les réformes nécessaires et mener la guerre contre la corruption”.  À l’occasion, il a renouvelé le soutien de son mouvement à Youssef Chahed, pour assurer la stabilité du gouvernement, selon lui. Il n’en demeure pas moins que ce soutien au Premier ministre est la source des divergences entre Nidaa Tounès et Ennahdha, car ce dernier veut son maintien tout en sachant que le parti de Béji Caïd Essebsi en fait son cheval de bataille. La situation économique difficile que traverse le pays constitue pour Ennahdha un levier pour critiquer ses adversaires politiques et maintenir la pression sur le Premier ministre.  Mieux, c’est un moyen de détourner l’attention portée sur son parti politique suite aux révélations du collectif de défense des deux personnalités politiques tunisiennes assassinées, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. En effet, des documents incriminant Ennahdha ont été dévoilés.  Découverts en décembre 2013 au domicile de Mustapha Khedher, un ancien militaire proche des dirigeants d’Ennahdha, ces documents se trouvent actuellement dans une chambre noire scellée au ministère de l’Intérieur, selon le comité de défense, qui appelle à les remettre à la justice tunisienne. Il va sans dire que si l’implication du mouvement Ennahdha est officiellement démontrée dans les assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, la Tunisie pourrait être plongée dans une crise politique beaucoup plus grave, dont les répercussions seraient désastreuses pour l’avenir du pays. La lutte pour le pouvoir semble avoir fait oublier aux responsables tunisiens les dossiers chauds de l’heure, notamment économiques, qui touche le pouvoir d’achat du citoyen, qui s’érode, d’où cette menace d’hier de l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) de faire grève le 23 octobre. L’avertissement est là !

Merzak Tigrine


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