Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / International

Une foule immense hier à Khartoum

Les manifestants déterminés à obtenir un pouvoir civil

Marée humaine dans les rues de Khartoum.© D.R

Des milliers de manifestants soudanais ont accompli hier la prière hebdomadaire du vendredi devant le quartier général de l’armée à Khartoum, poursuivant  leur sit-in pour réclamer le transfert du pouvoir par l’armée aux civils

“Liberté, liberté”, scandaient les manifestants toujours hier devant le quartier général de l’armée soudanaise. “Pour un gouvernement civil libéré de tout militaire”, pouvait-on lire sur une banderole brandie par un des manifestants, lors des prières effectuées sur les lieux du sit-in, sous un soleil de plomb. “Nous voulons dire à l'armée qu'ils sont les fils de la nation, mais que leur rôle est de protéger le pays”, a déclaré dans un prêche l'un des leaders de la prière, cheikh Mater Younès, un militant originaire de la région en conflit du Darfour. “Nous ne nous retirerons pas avant que nos demandes d'un gouvernement civil ne soient satisfaites”, a-t-il ajouté, appelant à punir les “symboles” du régime Al-Bachir qui doivent selon lui être jugés de façon “équitable et transparente”. “Sang pour sang !”, répondait la foule. 
Rappelons que les manifestants sont rassemblés jour et nuit depuis le 6 avril devant ce quartier général de l’armée, dans le prolongement d'un mouvement de protestation déclenché au départ pour dénoncer le triplement du prix du pain dans ce pays pauvre, avant de se muer en contestation contre le président Omar al-Bachir. Sous la pression de la rue, ce dernier a été destitué le 11 avril par l'armée après près de 30 ans au pouvoir, et un Conseil militaire de transition a pris le pouvoir pour deux ans. Les manifestants réclament aujourd'hui le transfert du pouvoir à une autorité civile. Jeudi, des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés devant le QG de l'armée, à l'appel des leaders de la contestation. Dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhane, le Conseil militaire a jusqu'à présent résisté aux appels à céder le pouvoir, y compris ceux de la communauté internationale. Trois des dix membres du Conseil militaire ont toutefois démissionné mercredi sous la pression de la rue. Le Conseil militaire a eu cette semaine des discussions avec les leaders de la contestation, qui ont parlé d'une étape vers le “renforcement de la confiance”. Au son de chants révolutionnaires, une foule immense a déferlé jeudi à Khartoum à l'appel des leaders de la contestation à une “marche du million” pour que l'armée cède le pouvoir à une autorité civile. La veille, trois généraux contestés sur les 10 membres du Conseil militaire avaient démissionné. Pour la première fois, des juges, drapés dans leur robe, ont défilé jeudi depuis la Cour constitutionnelle pour réclamer “l'indépendance” du système judiciaire et rejeter toute “intervention politique”, a affirmé l'un d'entre eux à des journalistes. Mais à leur arrivée devant le QG de l'armée, certains manifestants les ont accueillis avec colère en leur reprochant d'avoir rendu des verdicts favorables au régime du président Al-Bachir dans le passé. 


Merzak T./Agences



Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER