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A la une / International

Hausse des prix et augmentation des taxes par le gouvernement

Les manifestations sociales font un mort en Tunisie

La Tunisie connaît depuis une semaine une vague de contestations sociales qui a fait déjà une victime parmi les manifestants à Tebourba, au sud de Tunis, où la police avait tenté de disperser la foule en colère contre la hausse des prix à coups de matraques et de gaz lacrymogènes, ont rapporté les médias locaux et les agences de presse. Un homme de 43 ans est mort lors des heurts nocturnes qui ont eu lieu dans cette localité entre manifestants et forces de l’ordre, faisant craindre une nouvelle période d’instabilité dans un pays qui peine à sortir de la crise dans laquelle il est plongé depuis la révolution de Jasmin de 2010/2011. D’autres manifestations ont touché des villes du nord du pays, fortement touchées par le chômage. “Les incidents nocturnes ont entraîné l'arrestation d'au moins 44 personnes, dont 16 à Kasserine, ville pauvre du centre du pays, et 18 dans des quartiers populaires près de Tunis”, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur à la radio privée Shems FM. “À Kasserine, quelques dizaines de jeunes ont incendié des pneus et jeté des pierres sur des agents de sécurité, qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes”, a indiqué un correspondant de l'AFP. À Sidi Bouzid (Centre), d'où était partie en décembre 2010 la contestation sociale qui avait marqué le début des printemps arabes, des routes ont été bloquées par des pierres et des pneus, selon un autre correspondant de l'AFP. Alors que le pays est touché de plein fouet par la crise économique et les hausses des prix de première nécessité, le gouvernement tunisien, visiblement paniqué, tente de se disculper en imputant ces heurts à des parties qu’il accuse de tentative de déstabilisation du pays. Pour le ministère de l’Intérieur, la mort du jeune manifestant n’est pas liée à une quelconque bavure de la police, mais elle serait causée par une maladie respiratoire chronique, lit-on dans un communiqué explicatif publié sur sa page facebook. Hier, le mouvement “manich msameh (je ne pardonne pas), a appelé à manifester dans la capitale Tunis, où les services de sécurité avait réprimé une tentative de manifestation devant le ministère de l’Intérieur, le long de l’avenue Habib-Bourguiba. La manifestation a pu avoir lieu, constate-t-on sur les vidéos publiées sur la page facebook de ce mouvement. “Ech-chab yourid iskat al-nidham (le peuple veut la chute du régime)”, ont scandé les manifestants. Devant la brutalité policière, des partis se sont élevés contre le retour de la répression dans un pays que les Tunisiens pensaient être sorti de la triste dictature de Ben Ali, chassé du pouvoir après presque 3 décennies de règne sans partage. Le Front populaire est l’un des premiers à dénoncer cette répression dans un communiqué, hier, et dans lequel il affiche son total soutien au mouvement de contestation de la loi de finances 2018.

Lyès Menacer/Agences


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