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Dispersion meurtrière du sit-in de Khartoum

Les militaires au pouvoir admettent leur responsabilité

© D. R.

Le Conseil militaire au pouvoir au Soudan a reconnu pour la première fois, jeudi, avoir ordonné la dispersion d'un sit-in de manifestants début juin devant le QG de l'armée à Khartoum, qui a fait des dizaines de morts. “Le Conseil militaire a décidé de disperser le sit-in et un plan a été établi en ce sens (...) Mais nous regrettons que des erreurs se soient produites”, a déclaré à des journalistes le général Chamseddine Kabbachi, porte-parole de cette instance. Il a ajouté que les résultats de l'enquête sur cette dispersion seraient publiés aujourd’hui, ajoutant que le Conseil ne permettrait plus de tels sit-in près des sites des forces armées. Malgré la répression et pour maintenir la pression, une campagne de désobéissance civile a quasiment paralysé la capitale Khartoum, de dimanche à mardi, à l'appel des chefs de la contestation qui réclament aujourd'hui le transfert du pouvoir aux civils.

C'est grâce à une médiation du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed que les chefs de la contestation ont cessé la campagne de désobéissance civile et accepté le principe d'une reprise des pourparlers avec le Conseil militaire. Les États-Unis et l'Union africaine (UA) qui appellent à un transfert du pouvoir aux civils, ont eux aussi dépêché des émissaires à Khartoum qui ont eu des réunions avec des responsables soudanais et des meneurs de la contestation. Le nouvel émissaire spécial américain, Donald Booth, et le secrétaire d'État américain adjoint chargé de l'Afrique, Tibor Nagy, ont aussi rencontré le chef du Conseil militaire, Abdel Fattah al-Burhane. Le Conseil de transition a pris les rênes du pouvoir après la destitution et l'arrestation le 11 avril, sous la pression d'un mouvement de contestation inédit, du président Omar al-Bachir qui a été inculpé jeudi pour “corruption”.

Face aux craintes d'une escalade, des émissaires américains et africains se trouvent à Khartoum pour tenter de trouver une solution à la crise entre les militaires et le mouvement de contestation, surtout après la dispersion brutale le 3 juin du sit-in des manifestants qui était en place depuis près d'un mois devant le siège de l'armée. Selon un comité de médecins proches de la contestation, quelque 120 personnes ont été tuées dans la répression des manifestants depuis le 3 juin, la plupart dans la dispersion du sit-in. Les autorités ont parlé de 61 morts. Les chefs de la contestation et des ONG ont accusé les troupes des redoutées Forces de soutien rapide (RSF) d'avoir réprimé dans le sang le sit-in.

 

R. I./Agences


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