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Saisie de lettres ciblant des personnalités publiques

Les terroristes changent leurs méthodes en Tunisie

Sofiane Zaag, porte-parole du ministère de l’Intérieur. © D. R.

Depuis les attentats de 2015, les autorités tunisiennes sont sur le qui-vive face à des terroristes qui peuvent actionner leurs cellules dormantes à n’importe quel moment.

Acculés militairement, les groupes terroristes agissant sur le sol tunisien semblent avoir changé de méthode, mais aussi de cible, comme le révèlent les lettres empoisonnées que les services de sécurité ont interceptées avant de faire de victimes. “Les services de la sécurité nationale ont reçu des informations sur la planification d'un groupe terroriste à envoyer des lettres empoisonnées destinées à certaines personnalités politiques, syndicalistes et médiatiques”, a affirmé le porte-parole du ministère Sofiène Zaag. “Les services de la Direction générale de la sûreté nationale, en collaboration avec le ministère public près du pôle judiciaire antiterroriste, sont parvenus à saisir 19 courriers contenant des produits toxiques”, a indiqué dans la nuit de jeudi à hier un communiqué du ministère de l’Intérieur repris par la presse locale. “Il s’agit d’un changement du mode opératoire des groupes terroristes qui varient leurs tactiques”, a expliqué Sofiène Zaag sur les ondes de la radio Mosaïque FM, assurant que “les services de la Direction générale de la sécurité nationale ont réussi à découvrir ce plan rapidement”. Selon le journal en ligne Business News, “parmi les personnalités publiques ciblées figurent plusieurs journalistes et chroniqueurs des chaînes TV Attessia et El-Hiwar Ettounsi, ainsi que de la radio Shems FM, à savoir Mohamed Boughalleb, Naoufel Ouertani, Hamza Belloumi, Maya Ksouri, Lotfi Laâmari et Mokhtar Khalfaoui ou encore le président du Syndicat national des journalistes, Néji Bghouri. On retrouve également la magistrate Raoudha Laâbidi, ainsi que les syndicalistes Noureddine Taboubi, Bouali Mbarki et Sami Tahri”. Et de préciser que “les colis envoyés ont usurpé l’identité du syndicaliste sécuritaire Tarek Riahi en qualité d’expéditeur”. Aucune information n’a toutefois été livrée concernant la liste des personnalités politiques visées par cette action terroriste. “La liste des personnalités politiques demeure confidentielle pour le moment”, a affirmé le journal tunisien.
Le ministère a ainsi appelé les hommes politiques, les journalistes, les syndicalistes et les personnalités publiques à prévenir les services de sécurité en cas de réception de lettres suspectes. “Les hommes politiques, les professionnels des médias, les syndicalistes et les autres personnalités publiques sont priés d’informer les services du ministère de l’Intérieur sur tous les objets suspects”, a demandé Zaag. Pour rappel, depuis la révolution en 2011, la Tunisie fait face à la montée du terrorisme islamiste qui a fait de nombreuses victimes.
Même si la situation sécuritaire s'est nettement améliorée, le pays reste sous état d'urgence depuis un attentat sanglant dans le centre de Tunis en 2015 ayant tué 12 agents de la sécurité présidentielle. L'année 2015 avait aussi été marquée par deux autres attentats sanglants du groupe EI contre des touristes au musée du Bardo à Tunis et dans une zone touristique de Sousse (est) qui avaient fait au total 60 morts (59 touristes et un policier).

 


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