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Sur fond de blocage politique et de poursuite des manifestations

Liban : craintes d’un chaos économique

Fady Gemayel, président de l’Association des industriels du Liban. © D. R.

Si des décisions politiques courageuses ne sont pas prises en temps opportun, le Liban, qui connaissait déjà de sérieuses difficultés économiques, risque une sévère récession.   

Alors que la contestation contre le pouvoir au Liban entrait, hier, dans sa quatrième semaine, la crise économique s’accentue de plus en plus, faisant craindre une véritable faillite pour un pays déjà en grande difficulté. Le président de l’Association des industriels du Liban, Fady Gemayel, a mis en garde hier contre les conséquences d’une aggravation de la situation économique dans le pays. “Nous nous approchons de la zone critique.

Tout retard dans le règlement de la crise mènera à l’effondrement total”, a-t-il prévenu, en  appelant “l’ensemble des forces politiques à la solidarité afin de former le plus rapidement possible un gouvernement de salut”.  Tous les voyants sont au rouge, et l’incertitude politique persistante quant à la formation d’un gouvernement, près de quinze jours après la démission de Saâd Hariri, n’augure rien de bon pour l’un des pays les plus endettés au monde. 

Annoncée plusieurs fois imminente, la nomination d’un gouvernement de compétence  tarde à venir. Le Liban trouve toutes les peines du monde à s’affranchir d’une tradition d’exercice et de partage de pouvoir structuré essentiellement autour des appartenances communautaires et confessionnelles. Le Hezbollah, puissant parti chiite, au gouvernement depuis les trois dernières décennies, a beaucoup de mal à accepter l’idée d’un cabinet de technocrates. 

D’aucuns vont jusqu’à l’accuser d’être derrière le blocage du moment lié à la formation du futur gouvernement. Le parti de Hassan Nasrallah avait, on se le rappelle, soutenu mordicus le gouvernement contesté de Hariri, avant que ce dernier ne soit balayé par la contestation. Menacé par un mouvement qui rejette dans le fond et dans la forme la classe politique, toutes appartenances confessionnelles confondues, le Hizbollah tente son va-tout pour se maintenir au pouvoir, allant jusqu’à se mettre à dos les millions de manifestants qui réclament de profonds changements.

Pendant ce temps, la crise financière s’accentue davantage et l’avenir s’obscurcit de jour en jour. En avril dernier, le FMI tablait encore sur une croissance de 1,3% cette année. En fait, cela sera plutôt 0,2%, selon un rapport de la Banque mondiale. Ce qui reste de l’économie libanaise étant à l’arrêt depuis près d’un mois, c’est bien à une sévère récession qu’on risque d’assister, avec en outre les blocages récurrents des routes paralysant toute l’économie. 

Le secteur bancaire, lui, souffre d’une vraie crise de liquidités. Les dépôts ne sont plus en sécurité. 20% seulement des dépôts bancaires, selon des experts, sont accessibles.  D’autres craignent, tout simplement, de voir les banques fermer leurs portes, ce qui présage d’une sévère récession si des décisions politiques courageuses ne sont pas prises en temps opportun. 

Appelant la semaine dernière le Liban à former un nouveau gouvernement dans les plus brefs délais, la Banque mondiale n’a pas caché ses craintes quant aux conséquences d’un vide institutionnel. Pour cette institution internationale, il y a de sérieux risques de “récession plus grave” encore, “en raison des pressions économiques”. Hier encore, plusieurs routes étaient coupées alors que banques, universités et écoles restaient encore fermées dans certaines villes du pays. 

 

Karim Benamar

 



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