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Découverte d’un immense charnier de l’État Islamique

L’Irak tente d’identifier les restes des victimes

Une fosse commune découverte en juin 2014. © D. R.

Trouver des traces d’ADN sur des restes exposés aux pluies, incendies et autres combats durant des années relève de la prouesse, répètent à l’envi les spécialistes de la médecine légale.

L’Irak mène une vaste campagne d’identification des restes d’un charnier renfermant des centaines de corps de victimes du groupe État islamique (EI), l’une des dizaines de fosses communes laissées derrière elle par l’organisation terroriste, selon des responsables locaux. 

Hier matin, des dizaines de proches se pressaient à la médecine légale de Bagdad dans l’espoir de connaître le sort d’un fils, d’un mari ou d’un père, disparu dans le massacre de la prison de Badouch, l’un des pires crimes de l’EI qui a occupé un tiers de l’Irak de 2014 à 2017. En juin 2014, en s’emparant du nord-ouest du pays, ses hommes avaient emmené environ 600 hommes détenus dans la prison de Badouch, principalement des chiites, dans des camions jusqu’à un ravin, avant de les abattre. 

Ce n’est que trois ans plus tard, à la reprise de la zone en mars 2017, que les forces irakiennes ont découvert un charnier renfermant leurs centaines de corps. En tout, selon le docteur Yasmine Mounzer, patronne de la section des charniers de la médecine légale à Bagdad, “100 familles de la capitale ont subi des prélèvements sanguins”, tandis que des dizaines d’autres ont fait de même dans quatre provinces du sud chiite de l’Irak.

“Cinq autres provinces doivent encore effectuer des prélèvements” avant de procéder à l’identification des restes, ajoute-t-elle à l’AFP. L’EI, qui a mené en Irak, selon l’ONU, un “génocide”, a laissé derrière lui plus de 200 charniers qui pourraient renfermer jusqu’à 12 000 corps. 

L’Irak, qui met encore au jour des charniers du régime de Saddam Hussein, travaille depuis des années à l’identification de restes des différents épisodes violents de son histoire. À chaque fois, l’ADN des victimes est prélevé dans des fosses communes ou des cavités naturelles, avant d’être comparé à des prélèvements sanguins de survivants.

Trouver des traces d’ADN sur des restes exposés aux pluies, incendies et autres combats durant des années relève de la prouesse, répètent à l’envi les spécialistes de la médecine légale.

Sur un autre registre, la justice irakienne a libéré hier un commandant de Hachd al-Chaabi, deux semaines après son arrestation, qui avait donné lieu à une démonstration de force de cette coalition paramilitaire intégrée à l’État, relançant le débat sur la capacité des autorités à contenir les pro-Iran. 

Arrêté le 26 mai, officiellement car suspecté d’avoir ordonné le récent assassinat d’une figure de la contestation antipouvoir, Qassem Mouslah a paradé dans les sanctuaires chiites de Kerbala, sa ville sainte, à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad, mercredi à la mi-journée, ont constaté des journalistes de l’AFP. “Les juges ont rendu la justice, ils ont terminé leur instruction et conclu à ma libération”, s’est félicité M. Mouslah auprès de l’AFP.  

De son côté, une source gouvernementale a dénoncé le rôle des juges dans un des pays les plus corrompus au monde, où les tribunaux sont régulièrement accusés de statuer en faveur de parties ayant versé des pots-de-vin ou bénéficiant de soutiens de partis ou de groupes armés. 

“Le gouvernement a présenté toutes les preuves disponibles mais les juges ont décidé de le libérer à cause des pressions qu’ils subissaient”, a affirmé à l’AFP cette source gouvernementale. 

Aussitôt après l’arrestation de Qassem Mouslah, les forces de sécurité avaient dû fermer la “zone verte” de la capitale, quartier ultra-protégé où se trouvent le Parlement, les bureaux du Premier ministre et l’ambassade américaine, car les combattants de Hachd en armes l’assiégeaient à bord de blindés.

“Des communications téléphoniques au sujet des assassinats entre Mouslah et les exécutants, des messages de menaces aux proches, des témoignages, des explications obtenues en interrogatoire ont été fournis”, impliquant M. Mouslah dans les assassinats d’au moins deux militants à Kerbala, à Ehab al-Ouazni et à Fahem al-Taï, a précisé le responsable gouvernemental. 
 

R. I./AFP


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