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A la une / International

Lapidation à Brunei

L’ONU dénonce un code pénal “cruel et inhumain”

La nouvelle législation de Brunei, qui s'apprête à instaurer la lapidation en cas d'homosexualité ou d'adultère en invoquant la loi islamique, prévoit “des peines cruelles et inhumaines”, a dénoncé l'ONU hier. “J'en appelle au gouvernement pour qu'il mette fin à l'entrée en vigueur de ce nouveau code pénal draconien qui, s'il était appliqué, marquerait un sérieux recul pour la protection des droits humains au Brunei”, a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, dans un communiqué. La révision de la loi, qui doit entrer en vigueur le 3 avril dans ce riche petit État pétrolier d'Asie du Sud-Est, “consacrerait dans la législation des peines cruelles et inhumaines qui violent gravement le droit international relatif aux droits humains - dont la mort par lapidation”. L'acteur américain George Clooney et le chanteur britannique Elton John ont appelé au boycott de neuf hôtels de luxe liés au sultan de Brunei. Selon l'ONU, la nouvelle législation de Brunei prévoit la peine de mort pour de multiples infractions, telles que le viol, l'adultère, les relations sexuelles extraconjugales pour les musulmans, l'insulte ou la diffamation du prophète Mahomet(QSSSL). Elle introduit également la flagellation publique comme punition pour l'avortement et l'amputation pour le vol. Elle criminalise également le fait d'exposer les enfants musulmans aux croyances et pratiques de toute religion autre que l'islam. L'homosexualité, déjà illégale, sera désormais considérée comme un crime. La peine de mort est déjà inscrite dans la législation du Brunei, mais la dernière exécution a eu lieu en 1957, selon l'ONU. “J'exhorte le Brunei à maintenir son moratoire de facto sur l'application de la peine capitale”, a insisté Mme Bachelet. Elle a souligné que les lois et normes internationales relatives aux droits humains imposent des restrictions strictes à l'application de la peine de mort, qui ne peut être appliquée qu'en cas de meurtre ou d'homicide volontaire, après un procès qui respecte pleinement les garanties d'une procédure régulière. Cette petite monarchie de 430 000 habitants est dirigée d'une main de fer par le sultan Hassanal Bolkiah depuis 1967. Elle a annoncé en 2013 l'introduction progressive de la charia, mais la mise en application de ces mesures avait été retardée pour des questions pratiques et face à l'opposition des défenseurs des droits humains.
 

R. I./Agences


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