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Le syndicat dénonce aussi les appels d’Ennahdha à l’ingérence

L’UGTT appelle à nommer rapidement un chef de gouvernement

Rached Ghannouchi, président du parti Ennahdha. © D.R

La première centrale ouvrière de Tunisie a mis en garde contre le retard dans la nomination du chef du gouvernement, estimant que cela pourrait aggraver davantage la situation et rendre plus difficile le dépassement de la crise.

La centrale syndicale tunisienne l’UGTT, qui compte quelque un million d’adhérents, a appelé à nommer, “le plus vite possible”, un chef de gouvernement de sauvetage, pour que la Tunisie puisse dépasser sa crise et faire face aux affaires urgentes qu’elle doit traiter. À l’issue de la réunion de son comité de direction, mardi, la première centrale ouvrière du pays du voisin de l’Ouest, a, pour autant, mis en garde contre le retard dans la nomination du chef du gouvernement, estimant que ce retard pourrait aggraver davantage la situation et rendre plus difficile le dépassement de la crise.

L’UGTTqui a publié un communiqué à l’issue de la réunion de son comité de direction a exprimé aussi son “refus de toute ingérence étrangère dans les affaires de la Tunisie” et “a dénoncé le recours de certains dirigeants du mouvement Ennahdha à des parties étrangères pour les appeler à ne plus envoyer des doses de vaccins”dans son pays, en cette conjoncture sanitaire marquée par la pandémie du coronavirus. “Nous dénonçons, également, les menaces du chef d’Ennahdha qui représentent un danger pour les intérêts de la Tunisie. Dans ce contexte, nous soulignons l’indépendance des décisions nationales et affirmons notre confiance en la capacité des Tunisiens et des Tunisiennes à résoudre leurs problèmes sans dépendre d’aucune partie”, lit-on dans le communiqué de l'UGTT. Les membres de l’organe administratif ont également rappelé que les mesures exceptionnelles prises par le président de la République étaient une réponse aux revendications populaires et une solution définitive à la complexité de la crise que traverse le pays en l’absence de toute indication d’autres solutions.

Cela a lieu alors que le président Saïed continue de procéder par petites touches à la formation de son gouvernement, en attendant de trouver un chef pour diriger l’équipe. C’est fort des prérogatives présidentielles qui lui sont conférées par l’article 8o de la Constitution que Kais Saïed continue de mener de front une campagne contre la corruption qui vise les têtes de l’argent sale en politique, notamment au parlement. Si la campagne de lutte contre la corruption a touché jusque-là des députés et hommes politiques recherchés par la justice, le sort de l’ancien chef de gouvernement aussi demeure entouré de mystère. 

Pour preuve, l’Instance nationale pour la prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (INPT) a déclaré dans un communiqué publié, hier, que le dossier de l'ancien chef du gouvernement Hichem Mechichi figure parmi les dossiers d'enquête relatifs aux soupçons de détention ou de maltraitance depuis le 26 juillet 2021.  L’INPT a indiqué avoir contacté l’ancien chef de gouvernement par téléphone afin de s’assurer que sa ligne personnelle est toujours fonctionnelle, et suite à cela, un message lui a été adressé, exprimant sa volonté de lui rendre visite mais aucune réponse n’a été reçue.

La presse tunisienne rapporte que l'autorité en question a pris contact avec des proches de Mechichi pour enquêter sur sa situation et vérifier si l'ancien chef de gouvernement est soumis à une résidence surveillée ou une interdiction de déplacement en confirmant qu’il n’y aucune décision administrative ou judiciaire à son encontre. 

L’Instance a appelé toutes les personnes intéressées à la contacter à travers tous les supports de communication disponibles pour lui fournir toute information nécessaire à cet effet. Cela survient alors que le parti Ennahdha tenait hier une réunion de son conseil consultatifau moment où plusieurs de ses dirigeants appellent au départ de Rached Ghannouchi. Affaibli par sa maladie et sa perte de crédibilité, Rached Ghannouchi devrait fort probablement céder son fauteuil de leader après 40 ans passés à la tête du parti islamiste. 

Amar R.


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