Scroll To Top
FLASH
  • 1 133 nouveaux cas de coronavirus et 19 décès enregistrés en Algérie durant les dernières 24h

A la une / International

France-Afrique

Macron prône une “relation équitable’’

© D.R

Interrogé sur son attitude vis-à-vis du "défi mémoriel" posé par la guerre d'Algérie, le président français affirme que l'important est de "mener un travail historique et réconcilier les mémoires" plutôt que de "s'excuser". 

De l'Algérie au Rwanda en passant par le  Sahel, Emmanuel Macron défend sa diplomatie offensive vis-à-vis de l'Afrique  dans un entretien publié hier par Jeune Afrique, où il dénonce la ‘‘stratégie’’ menée par la Russie et la Turquie pour alimenter un sentiment  antifrançais. ‘‘Je pense qu'entre la France et l'Afrique, ce doit être une histoire d'amour’’, affirme le président français, en plaidant pour l'établissement d'‘‘une relation équitable et d'un véritable partenariat’’.  Pour cela, ‘‘nous ne devons pas être prisonniers de notre passé’’, en particulier des ‘‘tabous" qui remontent à la colonisation, souligne Emmanuel  Macron, premier président français à être né après la décolonisation. Mais, dénonce-t-il, ‘‘des dirigeants africains et des puissances étrangères, comme la Russie ou la Turquie, jouent sur le ressentiment post-colonial’’ en  Afrique francophone, où des manifestations, d'ampleur limitée, ont récemment été organisées contre la republication des caricatures de Mahomet dans la  presse. ‘‘Il ne faut pas être naïf : beaucoup de ceux qui donnent de la voix, qui font des vidéos, qui sont présents dans les médias francophones sont stipendiés  par la Russie ou la Turquie’’, précise le président, sans donner d'exemples.

Avec la Chine, ces deux pays tentent d'affirmer leur influence, au  détriment des puissances occidentales, sur le continent africain, attirés notamment par ses ressources naturelles. “La France n'a pas à donner de leçons’’, insiste Emmanuel Macron lorsque le magazine panafricain l'interroge sur les réélections controversées des  présidents ivoirien Alassane Ouattara, 78 ans, et guinéen Alpha Condé, 82 ans. Il se montre compréhensif avec le premier qui ‘‘s'est présenté par devoir’’, et qu'il appelle à ‘‘faire des gestes d'ouverture’’, alors que la crise électorale a  fait 85 morts en trois mois en Côte d'Ivoire.

En revanche, il accuse Alpha Condé d'avoir ‘‘organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir’’. ‘‘C'est pour ça que je ne lui ai pas encore adressé de lettre de félicitations’’,  assène-t-il, en qualifiant de ‘‘grave’’ la situation en Guinée. Pour Emmanuel Macron, la situation dans ces deux pays illustre ‘‘l'échec relatif du renouvellement des générations’’ dans le monde politique en Afrique, le continent le plus jeune. Dans cet entretien réalisé le 16 novembre, il appelle à s'inspirer ‘‘des role models’’ comme l'Ethiopien Abiy Ahmed qui, un an après avoir reçu le prix Nobel de la Paix, suscite aujourd'hui des critiques  pour l'offensive militaire lancée dans la région dissidente du Tigré.

Le président français salue en outre son homologue du Rwanda Paul Kagame,  qui ‘‘a beaucoup pacifié le discours politique rwandais à l'égard de la France ces dernières années’’. Il indique espérer se rendre en 2021 dans ce pays pour concrétiser le réchauffement des relations après des décennies de tensions liées au rôle controversé de la France dans le génocide de 1994. Interrogé sur son attitude vis-à-vis du ‘‘défi mémoriel’’ posé par la guerre d'Algérie, Emmanuel Macron affirme que l'important est de ‘‘mener un travail  historique et réconcilier les mémoires" plutôt que de ‘‘s'excuser’’.    Concernant le Sahel, le chef de l'Etat indique qu'il aura ‘dans les  prochains mois des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane’’, la force française de plus de 5 000 hommes. Il martèle l'opposition complète de Paris à toute négociation avec les  jihadistes, alors que ce sujet fait débat dans la région, notamment au Mali.  ‘‘Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat’’, résume-t-il. 

Emmanuel Macron donne rendez-vous aux Africains en juillet 2021 avec le  prochain sommet France-Afrique, à Montpellier (sud). Cette réunion ‘‘illustrera le changement de méthode’’ qu'il a théorisé dans son discours de Ouagadougou il y a juste trois ans. ‘‘Nous n'allons pas  organiser un sommet classique, en invitant des chefs d'État’’ mais en mettant ‘‘en avant les personnes qui incarnent le renouvellement générationnel’’, promet-il. 

AFP


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER